Le Syndicat national des brasseurs indépendants (SNBI) a tenu son assemblée le 21 avril lors du Salon du brasseur, qui se tient comme tous les ans à Saint-Nicolas-de-Port, en Lorraine. L’occasion de revenir sur plusieurs chantiers importants pour l’avenir des petites brasseries.
À l’occasion du traditionnel Salon du brasseur à Saint-Nicolas-de-Port (Lorraine), le Syndicat national des brasseurs indépendants (SNBI) a tenu son assemblée le 21 avril. Jean-François Drouin, son président, a fait le point devant ses adhérents sur les chantiers en cours et à venir. "Une feuille de route particulièrement chargée", selon ce dernier, d’où l’importance de "prioriser". Créé en juin 2016, le SNBI compte aujourd’hui 250 adhérents, sur une population estimée à plus de 1 000 brasseurs indépendants sur le territoire national. Ceux-ci représentent environ 98 % de l’effectif brassicole et détiendraient entre 5 et 7 % de parts de marché, en hausse de 2 points sur les cinq dernières années, selon certaines estimations. Les plus gros brasseurs industriels réunis au sein du syndicat historique Brasseurs de France assurent le reste de la production nationale.
Code des usages
Lors de l’assemblée du 21 avril, une fois dressé le bilan des derniers mois, Jean-François Drouin est revenu sur la création d’un code des usages pour les brasseurs indépendants, à l’image de ce qui existe déjà dans la charcuterie et la viennoiserie artisanale. Ce projet est né à l’issue de l’entrée en application depuis le 1er janvier 2017 du nouveau décret bière. "C’est bien, mais il faut aller plus loin", estime Jean-François Drouin qui rappelle la multiplication des diversités de bières ces dernières années. Un code des usages permettrait justement de poser noir sur blanc "des pratiques et des recettes dans le respect des traditions et des terroirs, en accord avec la DGCCRF", souligne ce dernier. "Le décret est sujet à beaucoup trop d’interprétations différentes. Le gros avantage du code des usages est qu’il sera évolutif et répondra aux usages de la profession, tout en permettant de mieux expliquer ce qu’on fait aux consommateurs", poursuit-il. Autant d’aspects techniques et pédagogiques sur lesquels le SNBI veut travailler main dans la main avec les autorités. Des responsables du syndicat ont d’ailleurs rendez-vous d’ici une quinzaine de jours avec la DGCCRF pour présenter leurs travaux sur ce code des usages. Le syndicat s’est également attaqué aux bières mensongères, "des bières soi-disant artisanales à en lire leurs étiquettes, mais qui en fait ne le sont pas et trompent le consommateur", explique encore le président du SNBI.
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Métier de brasseur et label
Un autre gros chantier sur lequel le SNBI doit se pencher, concerne "le métier de brasseur, qui n’est plus répertorié à la Chambre des métiers et de l’artisanat, alors que tailleur de pierre y figure", constate Jean-François Drouin. Du coup, "le métier de brasseur n’est pas éligible au compte personnel de formation". D’ailleurs, dans le débat sur l’encadrement de la profession de brasseur, il est clair que le Syndicat des brasseurs indépendants "sera vent debout contre toutes tentatives de lobbyisme visant à en limiter l’accès ", insiste son président. Pour ces mêmes raisons, ce dernier s’opposera à la création d’un label tel qu’il est envisagé par les Brasseurs de France pour "promouvoir l’image de la bière artisanale française". Un label qui viserait surtout selon Jean-François Drouin "à contrôler le marché", un aspect sur lequel le SNBI reste très vigilant.
Autre moment fort de cette assemblée, le SNBI a annoncé le lancement d’un service fournisseurs pour ses adhérents. Un service "gagnant-gagnant en visibilité et en chiffre d’affaires, souligne Jean-François Drouin, qui englobe pour nos adhérents des réductions tarifaires sur des livraisons de matières premières ou de services, et qui valide également nos fournisseurs".