Un an après la découverte de viande de cheval commercialisée dans des lasagnes estampillées « bœuf », le rythme auquel l'UE concrétise ses engagements « laisse à désirer », selon les unions de consommateurs de l'UE, qui critiquent les réserves de la Commission européenne à l'égard de l'étiquetage de l'origine de la viande transformée.
LA Commission de Bruxelles a lancé un plan d'action en mars 2013, après qu'ait éclaté le scandale des lasagnes à la viande de cheval. Or, mis à part les tests, les principales mesures prévues sont encore soit en attente, soit en débat, déplore le Bureau des unions de consommateurs de l'UE (Beuc) dans un communiqué daté du 29 janvier.
Les résultats des tests sur des échantillons ont été publiés en avril 2013. Le projet d'inspections inopinés et d'amendes plus lourdes est en discussion au Parlement européen et au Conseil. La création d'un « réseau anti-fraude alimentaire » et d'un outil informatique d'alerte est en attente. Enfin, et surtout, dénonce le Beuc, l'étiquetage d'origine de la viande dans les plats préparés est compromis par le rapport de la Commission qui « accumule les arguments contre » un tel système (1).
« Des arguments peu fondés »« En accumulant des arguments peu fondés défavorables à l'étiquetage d'origine des plats préparés, la Commission a ignoré les 90 % de consommateurs qui souhaitent connaître l'origine de leur viande », affirme la directrice générale du Beuc, Monique Goyens.
« Le mois dernier, on a découvert des traces de viande de chevaux de laboratoire dans la chaîne alimentaire en France », rappelle-t-elle par ailleurs (2). « Des exemples comme celui-ci prouvent bien que la fraude est encore répandue. En parallèle, bon nombre d'États membres réduisent toujours plus leurs dépenses en matière de contrôles. Au Royaume-Uni par exemple, les vérifications officielles des informations contenues sur les étiquettes alimentaires ont chuté de 16,2 % suite à ces coupes budgétaires ».
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«JE regrette que la Commission européenne soit toujours plus sensible au lobbying des industriels qu'à celui des consommateurs et des États qui les contrôlent », a déclaré dans une interview, le 31 janvier, le ministre français délégué à la consommation, Benoît Hamon, à propos des réticences de Bruxelles à l'égard de l'étiquetage de l'origine de la viande transformée.
« Une fois de plus, cette Commission conservatrice et libérale a d'abord écouté les industriels avant les consommateurs. Mais il y aura bientôt des élections... Et nous réessaierons après », a-t-il ajouté.
(1) Voir n° 3427 du 23/12/13
(2) Voir n° 3428 du 06/01/14