Yaourts, desserts lactés, fromages frais et crèmes… Les ventes de produits ultra-frais déclinent depuis le début de l’année.
Les ventes de produits laitiers frais (yaourts, desserts lactés, fromages frais et crèmes) font grise mine. Elles sont en recul de 3,7 % depuis le début de l’année 2022, d’après les données de l’institut IRI (à P5). « Depuis la fin 2021, tout est en négatif », a déploré le vice-président de Syndifrais, Jérôme Servières, le 16 juin, à l’occasion d’une conférence de presse. Seule exception à la règle : les yaourts hyperprotéinés, au pinacle (+90 %). Cette catégorie de produits, qui comprend par exemple les yaourts islandais Skyrs, séduit de plus en plus de consommateurs, et notamment les sportifs. À l’inverse, les crèmes enregistrent la plus mauvaise performance : -11 %. Depuis une quinzaine d’années, les marchés de l’ultra-frais sont « structurellement baissiers », explique Jérôme Servières. Et, cette année, la hausse des prix en rayon, après les négociations commerciales du 1er mars, a plutôt découragé la consommation. « Ce phénomène de déconsommation s’observe surtout chez les jeunes » et est à mettre en lien avec « la destructuration des repas », précise celui qui est aussi directeur général de Yéo Frais (fabricant de yaourts MDD).
En 2021, le marché revient à son niveau d’avant crise
En 2021, les ventes de produits laitiers frais en grandes et moyennes surfaces (GMS) ont retrouvé des niveaux équivalents à ceux de 2019, soit 1,7 Mt de produits vendus (+0,5 % par rapport à 2019) pour une valeur de 4,9 Md€ (+3,1 %). Des niveaux inférieurs à ceux de l’année 2020 (-3,6 % en volume et -1,2 % en valeur). Cette dernière avait été « exceptionnelle », rappelle Jérôme Servières, avec une accélération des ventes en grande surface liée aux restrictions sanitaires. Après avoir été « une locomotive » pour le secteur avec une croissance à deux chiffres, le bio décline fortement en GMS : -7,3 % en valeur et -9,1 % en volume par rapport à 2019. Cela s’explique par un effet prix, mais aussi par l’émergence d’alternatives concurrentes au bio (lait de pâturage, équitable, régionaux). En restauration hors domicile (RHD), les chiffres sur l’ultra-frais ne sont pas encore consolidés, mais devraient être équivalents à ceux de 2019. En 2020, ils s’étaient effondrés en raison de la fermeture des lieux de restauration (-23,3 % en volume). Sur ce débouché, le bio reste en croissance et bénéficie des objectifs de la loi Egalim (20 % de bio dans les approvisionnements de la restauration collective), observe le syndicat qui représente 22 entreprises et 70 % du marché.
Syndifrais alerte sur l’urgence à rouvrir les contrats passés avec la grande distribution. « Depuis le mois de janvier, nos entreprises sont dans le rouge. Il faut absolument qu’on répercute les hausses », a déclaré son président Patrick Falconnier. Le syndicat estime les revalorisations nécessaires entre 14 et 16 %.