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Hasard des calendriers, Xerfi, leader français des études économiques sectorielles publiait le premier jour du congès des coopératives, une étude intitulée Les coopératives agricoles à l’horizon 2013. L’auteure, Isabelle Senand, estime que les coopératives doivent s’adapter ou disparaître Pour elle, les ménages français, confrontés à la crise et à la baisse de leur pouvoir d’achat, vont faire des arbitrages défavorables aux dépenses alimentaires. Selon le scénario des experts de Xerfi, la consommation alimentaire progressera de 0,8 % en 2012 et de 0,6 % en 2013 (en volume). Leur environnement sera d’autant plus difficile que la propagation de la crise aux pays clients et fournisseurs en Europe ne fera qu’accentuer les pressions concurrentielles au sein de la filière.
Les coopératives disposent néanmoins de solides atouts. Elles bénéficient d’une bonne image dans l’opinion publique.
Un atout alors que le « locavore » se développe et que les produits estampillés « made in France » et autres produits régionaux et du terroir sont plébiscités par les consommateurs.
Hyper légitimes en matière de proximité (produits, distribution et affinitaire), les coopératives sont pourtant quasi absentes de ces marchés. Elles devraient prendre exemple sur les groupes privés des IAA, à l’image de Danone avec sa campagne « Nos éleveurs et vous », qui mettent en avant leurs liens avec l’amont agricole. Elles commencent toutefois à vouloir imposer des marques nationales fortes. Xerfi cite ainsi la marque coopérative Paysan Breton (développée notamment par Gélagri pour les légumes) qui a développé deux gammes de monolégumes surgelés en 2010, les haricots verts de Brocéliande et les brocolis du pays des Abers. Les coopératives sont aussi bien placées pour se développer en aval de la filière et se rapprocher des consommateurs. Différents concepts sont ainsi en test dans le commerce de détail. Le groupe 3A, un spécialiste des produits laitiers, a opté pour
la création d’un réseau dédié, 3A Direct centré sur la vente des produits en direct, via des points de vente propres (10 unités courant 2011).
Le talon d’Achille des coopératives, elles en sont bien conscientes, est leur taille qui
ne leur permet guère de rivaliser avec leurs homologues européens, véritables géants internationaux comme Friesland Campina dans les produits laitiers, Vion Food dans les viandes ou encore Südzucker dans le sucre.
Les réorganisations devraient donc s’accélérer ces prochains mois.