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Produits laitiers frais Les crèmes et desserts sauvent la croissance de l’ultra-frais

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Malgré un marché toujours un peu plat pour les yaourts, la famille des produits laitiers frais a connu des évolutions positives l’an passé, selon Syndifrais, en particulier les crèmes, les desserts lactés et le nouveau segment des probiotiques. Malgré des coûts de matière première en nette hausse, les prix de détail sont restés très contenus sur l’essentiel de l’année.

La production de produits laitiers frais a augmenté de 1,1 % en 2007 pour atteindre 3, 139 millions de tonnes, selon les chiffres recueillis par le syndicat des fabricants, Syndifrais, à l’occasion de sa récente assemblée générale.

Il s’agit là d’un rythme de croissance assez voisin de celui des quatre dernières années, mais bien moindre que dans les années 1997-2003. Sur dix ans, en effet, la croissance des fabrications aura été proche de 30 %.

Ce résultat 2007 a été obtenu malgré un tassement du plus gros segment du marché, les yaourts (1,5 MT, -0,1 %) et une faible croissance des fromages frais (+1,4 % à 63 000 t) parce que les desserts ont encore gagné 2,5 % à 608 000 t et les crèmes +4,1 % à 352 000 t.

Solde extérieur en progression

Les marchés extérieurs ont été les plus porteurs avec 604 000 tonnes d’exportations, en progression de 4,3 %. Avec des importations quasi stables à 236 000 tonnes, le solde extérieur s’est amélioré pour atteindre 468 000 t. En valeur les exportations de yaourts ont bondi de 15,7 %, et celles de fromages frais plus modérément (+ 4,4 %) pour totaliser 840 M EUR, soit un solde positif de 563 millions.

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Parallèlement, les ventes sur le marché français de la RHF semblent avoir été stables autour de 400 000 tonnes et les ventes en GMS ont totalisé 1,966 MT, en croissance de 0,5 %. En valeur elles ont atteint 4,660 milliards d’euros, soit un gros tiers de l’ensemble du rayon laitier. Les ventes d’ultra frais proprement dites (hors crèmes) ont atteint 1,8 MT, en progression de 0,7 % : dans cet ensemble, les yaourts (1 MT) ont été stables, le segment des yaourts allégés reculant de 3,9 % à 207 000 t et celui des probiotiques faisant au contraire un bond de 16,9 % à 251 000 t. Les fromages frais stagnent à 344 000 t et les desserts lactés frais progressent de 3,3 % à 415 000 t. Le segment des crèmes reste dynamique (+3,6 %) avec 173 000 t.

Poussée des probiotiques

Si les yaourts en pot dominent toujours les ventes de laits fermentés, représentant 70 % du volume (mais seulement 64 % du chiffre d’affaires), les probiotiques prennent une place significative et approchent maintenant 29 % de la valeur totale du rayon.

Parmi les facteurs qui ont soutenu les ventes en hypers et supermarchés, la politique toujours volontariste de l’offre a sûrement joué son rôle : ainsi le nombre moyen de références par magasin a augmenté sur tous les segments, d’une dizaine de références au total, tandis que le linéaire moyen s’est accru sauf pour les crèmes.

Prix contenus malgré tout

L’année a été évidemment marquée par le renchérissement du lait matière première : les prix sortie d’usine s’en sont ressentis avec une hausse sur un an de 7,6 % pour les yaourts en marques nationales et de 10,4 % en MDD ; la tendance est analogue en fromages frais (+5,7 %), desserts (+8 %) et crèmes (+9,4 %). La répercussion sur les prix consommateur a été longue à se faire sentir en GMS, puisque, selon IRI, entre décembre 2006 et décembre 2007, les yaourts n’ont pris que 1,1 %, les probiotiques 1,7 %, les desserts 0,9 %, mais les crèmes ont augmenté de 2,9 % et les fromages frais de 3,4 %. En revanche, entre janvier et décembre, l’ensemble de l’indice produits laitiers frais de l’Insee a quand même augmenté de 4 % (contre +8,6 % pour l’ensemble lait et crème et +2,9 % pour l’alimentation en général). Il n’empêche, en moyenne annuelle, après déjà deux années de baisse, les prix des yaourts et desserts sont restés pendant l’année 2007 encore en-dessous des niveaux antérieurs.