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Etats généraux de l’alimentation Les députés débattent de la loi Alimentation

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La loi issue des Etats généraux de l’alimentation est arrivée le 22 mai devant les députés réunis en séance plénière. Elle sera votée le 30 mai prochain. Mais l’unanimité ne règne pas parmi les parlementaires.

La loi issue des Etats généraux de l’alimentation est arrivée le 22 mai devant les députés réunis en séance plénière. Elle sera votée le 30 mai prochain. Mais l’unanimité ne règne pas parmi les parlementaires.

Après les quatre mois d'Etats généraux de l'alimentation, le texte est "équilibré" et "bien éloigné des visions parfois folkloriques" de l'agriculture, a affirmé le ministre Stéphane Travert en ouverture le 22 mai devant les députés, vantant "un changement de paradigme", notamment pour rendre l'"esprit de conquête" à l'agriculture. 

Si "tout le monde partage l'objectif" d’une meilleure rémunération des agriculteurs, selon le rapporteur Jean-Baptiste Moreau (LREM), les réponses ne font pas l'unanimité. Les LR, tels leur président Christian Jacob, songent à voter contre une loi qui "n'accouchera pas de grand-chose". A l'offensive pour le démarrage de l'article 1er, ils ont notamment plaidé pour des "indicateurs publics", car, "entre David et Goliath, le risque est que la grande distribution fasse des pressions autour du prix." 

Pour Charles de Courson (UAI), "si nous ne cassons pas la concentration de pouvoir renforcée vers quatre groupements d'achat, la contractualisation ne sert à rien". Un point repris par le rapporteur qui a proposé un amendement visant à « renforcer le dispositif législatif encadrant le rapprochement des centrales d’achat afin de donner à l’autorité de la concurrence davantage de moyens pour les contrôler ». 

Leclerc toujours opposé

"S'il y a du bon dans cette loi", a jugé Michel-Edouard Leclerc sur son blog, "il y a de l'enfumage" pour "regonfler les marges de certains distributeurs". "Mauvaise foi" et "stratégie : diviser les #agriculteurs et monter les #consommateurs contre eux", a riposté sur Twitter le rapporteur.

L'amendement du rapporteur Moreau visant à sortir les produits alimentaires et agricoles des négociations commerciales annuelles, qui semble peu soutenu par le gouvernement, « a permis d'ouvrir un débat sur l'usage de la convention unique (texte qui régit les négociations commerciales annuelles, ndlr) et de s'interroger sur les raisons qui ont fait que ce point n'est pas ressorti des États généraux de l'alimentation», a commenté le ministère de l'Agriculture, quelques heures avant le début des débats. 

A gauche, les socialistes affichent leur "déception" devant un volontarisme "trop peu affirmé". "On attendait la marche en avant, on se retrouve avec un pas de côté", selon Guillaume Garot, ex-ministre délégué à l'Agroalimentaire, dont le groupe entend "donner de la chair".

Le second volet sur une alimentation plus saine et durable plus un respect du bien-être animal promet des débats "plus musclés", anticipe le rapporteur, prévoyant que LR "nous présente en vilains écolos bobos". Au lendemain d'un appel de Brigitte Bardot entre autres pour la vidéosurveillance dans les abattoirs, l'UDI Thierry Benoît a ironisé sur la "retraitée de Saint-Tropez" là où Olivier Falorni (non inscrit) a défendu la vidéosurveillance, "promesse électorale d'Emmanuel Macron".