Les éleveurs de ruminants (bovins, ovins et caprins) vont devoir mettre la main à la poche pour financer une partie du Service public de l’équarrissage (SPE). La décision, prise le 19 juillet par le ministère de l’Agriculture, satisfait les industriels qui réclamaient depuis longtemps cette participation. Les représentants des éleveurs rentrent dans le rang et parlent de « solidarité professionnelle ».
C’est un bras de fer important qui se termine entre aval et amont de la filière viandes. Après les éleveurs de porcs et de volailles, les éleveurs de ruminants (bovins, ovins et caprins) vont devoir financer une partie du Service public de l’équarrissage (SPE). Depuis longtemps souhaitée par les industriels, la décision a été annoncée le 19 juillet par le ministère de l’Agriculture. Mais les éleveurs peuvent se rassurer, leur participation reste modeste au regard de celle que continuent à verser les abattoirs, découpeurs et transformateurs. 32 euros par tonne de cadavres collectés à la ferme leur seront demandés, soit environ 32 euros par an et par éleveur de ruminants, selon le Syndicat national de l’industrie des viandes (Sniv).
« Une satisfaction » pour les industriels
Sur les 150 millions d’euros de coût global annuel du SPE, 12 millions d’euros seront pris en charge par les éleveurs, contre 91,4 millions par les abatteurs et environ 44 millions par l’Etat. « C’est une satisfaction », reconnaît Pierre Halliez, directeur du Sniv. « Mais le SPE reste une charge très lourde pour nous qui en finançons les deux tiers », souligne-t-il. De son côté, la Fédération nationale de l’industrie et du commerce en gros des viandes (FNICGV) salue « l’engagement des éleveurs dans la gestion du SPE, ce qui marque leur volonté d’avancer sur ce dossier sensible ». Si la participation des éleveurs reste insuffisante pour les industriels, elle constitue une évolution historique. Lors des crises de la vache folle, le Premier ministre d’alors, Jean-Pierre Raffarin, et son ministre Hervé Gaymard s’étaient engagés à ce que jamais les éleveurs de bovins ne paient de taxe pour financer l’équarrissage ! Une promesse que n’ont eu de cesse de rappeler les représentants des éleveurs de ruminants jusqu’à aujourd’hui, mais qui empoisonnait fortement les relations interprofessionnelles…
« Solidarité professionnelle »
« Nous prenons acte de cette décision. Ce n’est pas une réaction de satisfaction chez les éleveurs », a réagi à l’annonce Pascal Ferey, vice-président de la FNSEA. Pour lui, il s’agit plus d’une « solidarité professionnelle » que les éleveurs ont consenti, qu’une véritable réponse à leurs attentes. « Nous n’avons toujours pas obtenu la totale transparence que nous souhaitions sur ce dossier, à savoir l’égalité des systèmes de paiement au niveau européen et une meilleure valorisation des farines et graisses animales », indique Pascal Ferey. Quant à l’éventuelle constitution d’une association ATM (Animaux trouvés morts) pour récolter les cotisations des éleveurs, comme c’est le cas dans les secteurs porcin et avicole, Pascal Ferey estime que « des discussions doivent d’abord être menées avec les services de l’Etat et les équarrisseurs ».
Dans les autres filières, les taux sont « réajustés » selon le Sniv. Pour la filière porcine, la taxe d’abattage payée par les industriels, augmente légèrement, à 8,75 euros par tonne (contre 8,6 euros/tonne) tandis que la participation des éleveurs passe à 26,55 euros /tonne contre 23,92 euros/tonne. En volailles, les hausses sont plus importantes. La taxe d’abattage passe à 7,2 euros/tonne, contre 5 euros/tonne. Les éleveurs voient de leurs côtés, leur participation augmenter de 50 % à 30 euros/tonne.