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Les leçons contrastées du sondage Sofres/Ania

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Comme il y a deux ans pour ses 1 eres Assises, l’Ania a commandé un nouveau sondage à TNS Sofres pour connaître la perception qu’ont les Français de leur alimentation.

Le consommateur français se sent de plus en plus responsable et conscient du lien entre ses pratiques alimentaires et l’état de sa santé, souligne en premier lieu cette étude. 76 % des personnes interrogées fin février estiment qu’une alimentation variée, saine et équilibrée est le comportement le plus important pour préserver sa santé. Ainsi les bonnes pratiques alimentaires sont désormais, dans l’esprit du consommateur, un véritable facteur de prévention sanitaire.

Il apparaît également qu’une majorité de Français adopte une posture de responsabilité individuelle et est consciente que l’obésité est une pathologie multifactorielle. Selon eux, elle est en effet d’abord imputable à une alimentation déséquilibrée, à un mode de vie sédentaire et à la défaillance des parents et ce, loin devant la publicité pour les produits dits gras et sucrés. Parce que la qualité de l’offre est un des pré-requis pour s’assurer une alimentation saine, il est intéressant de noter que près de 8 Français sur 10 sont globalement confiants vis-à-vis des entreprises de l’alimentaire : elles garantissent la sécurité des produits.

Au-delà de la sécurité, l’offre alimentaire se distingue, en France et aux yeux des consommateurs, par sa variété (92% en sont satisfaits), la facilité de préparation et de conservation des aliments (86%), le goût des produits alimentaires (75%), la qualité des ingrédients (74%), la valeur nutritionnelle des produits (72%) et l’information données sur les étiquettes (70%).

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Mécontentement sur les prix

Comme l’on pouvait s’y attendre dans un contexte d’augmentation sans précédent du prix des matières premières, le prix des produits alimentaires est l’objet d’un mécontentement majeur. Critère préalable à tout acte d’achat, quel que soit le niveau d’exigence du consommateur, le prix est aujourd’hui l’élément auquel les Français sont le plus attentifs. Dans le contexte très médiatisé sur ce sujet, il remporte donc sans surprise tous les suffrages des sondés. À la question « Dans quel domaine direz-vous que vous faites le plus attention à l’augmentation des prix ? », 57% des sondés placent les produits alimentaires, devant l’essence (42%) et l’énergie (41%). De même, pour leurs achats alimentaires, ils placent le prix comme étant le critère auquel ils attachent la plus grande attention (78%), devant la date de péremption (71%) et la provenance (34%). Du coup, ils sont 78% de sondés qui se déclarent non satisfaits et même 24 % pas du tout satisfaits. Les Français se sentent captifs et largement impuissants à maîtriser une dépense courante qui est largement contrainte. Ils sont 76 % à penser que la part de l’alimentation dans leur budget a augmenté ces dernières années mais 45 % à estimer le rapport qualité prix à peu près constant et très peu (12 %) envisagent de réduire leurs dépenses en ce domaine (contre près de 30 % pour l’essence ou les loisirs).

Trois piliers

Enfin, les consommateurs français se sentent très concernés par les engagements de l’industrie alimentaire en matière de développement durable et de responsabilité sociale. Et bien que le prix, en fonction de son niveau, constitue soit un frein, soit un accélérateur d’achat, il apparaît clairement qu’un produit fabriqué localement en France, dans le respect de l’environnement, des préoccupations sociales et des droits des salariés remportera la préférence des Français, si l’on se fie à leurs déclarations.

En définitive, le « bon », le « sain » et « le juste manger » ressortent de ce sondage comme les trois piliers d’une consommation alimentaire de plus en plus responsable et réfléchie de la part des Français.