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OMC Les négociations de l’OMC, à petite vitesse

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Même si les dernières discussions semblent avoir donné quelques résultats, le cycle de Doha a besoin, dans tous les domaines, d’un sérieux coup d’accélérateur pour pouvoir respecter l’échéance de la fin de l’année. En tout cas, le président des négociations agricoles attend toujours des éléments « nettement » nouveaux. Le Brésil se serait décidé à prendre une initiative. En vain.

S’adressant le 22 février au Conseil général de l’OMC, Pascal Lamy a jugé encourageantes les récentes discussions tenues entre les hauts fonctionnaires. Mais, a souligné le directeur général de l’organisation, « une accélération majeure à tous les niveaux – multilatéral, plurilatéral et bilatéral – est nécessaire ». « Une possibilité s’offre toujours à nous, mais elle s’amenuise chaque jour », a-t-il ajouté.
Un peu plus positif à l’issue de réunions entre onze membres majeurs de l’OMC, l’ambassadeur américain à Genève, Michael Punke, a estimé pour sa part le 17 février que « nous commençons enfin à faire les choses que nous devons faire, à savoir s’attaquer aux questions réellement difficiles ». « Nous en sommes au moment où nous parlons de la substance », a-t-il dit.

Agriculture : peu d’éléments « nettement » nouveaux
De son côté, le président du Comité des négociations agricoles de l’OMC, David Walker, a constaté le 17 février que, en près de deux semaines de réunions et de consultations, il avait relevé peu d’éléments qui soient « nettement » nouveaux, bien que les délégations aient donné quelques signes d’évolution dans certains domaines.
« Nous perdons un jour chaque jour », a prévenu M. Walker. En théorie, les membres de l’OMC doivent réviser le projet de compromis de 2008 (les « modalités ») d’ici le 21 avril, avant la pause de Pâques, se mettre d’accord sur les textes de l’ensemble du cycle de Doha avant juin ou juillet et conclure à la fin de l’année.
Les prochaines sessions plénières de négociations sur l’agriculture sont prévues le 9 et le 18 mars.

Proposition brésilienne
Le Brésil a, selon certaines informations, proposé une ouverture des marchés agricoles, viande bovine et volaille notamment, plus importante que celle actuellement envisagée dans le cadre des négociations du cycle de Doha, en échange des nouvelles améliorations de l’accès au marché des produits manufacturés réclamées par les Etats-Unis.
Ces suggestions auraient été présentées le 14 février lors d’entretiens entre onze membres majeurs de l’OMC (Argentine, Brésil, Chine, Inde, Maurice, Afrique du Sud, Australie, Canada, UE, Japon, Etats-Unis). Elles auraient très froidement accueillies par les pays développés.
Avant cette initiative brésilienne, le Mexique avait lui aussi proposé des marchandages croisés entre les différents domaines couverts par les négociations de l’OMC. Il se serait heurté à un refus américain.

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