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Produits laitiers/UE Les prix des produits laitiers regagnent le terrain perdu

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La crise mondiale des prix du lait est surmontée, l’offre et la demande sur le marché européen et sur le marché mondial du lait sont à nouveau en équilibre, l’écoulement des stocks a commencé et les prix évoluent à nouveau plus ou moins dans les valeurs qu’ils ont connues avant les fortes fluctuations des prix entre la mi-2007 et l’automne 2009. C’est en tout cas un rapport de l’European Dairy Association (EDA) qui le dit. Intitulé Le marché du lait à la mi-2010, le rapport du lobby de l’industrie laitière européenne souligne cependant qu’il ne faut pas se faire trop d’illusions : les prix sur le marché vont rester volatils dans les prochains mois.

Selon le rapport de l’European Dairy Association sur « le marché du lait à la mi-2010 », la transformation de lait dans l’UE a renoué, durant le premier semestre 2010, avec une tendance à long terme interrompue en 2009. Les marchés du fromage et des produits laitiers frais à forte valeur ajoutée ont regagné du terrain en 2010. Leur production a été accrue au cours des premiers mois de 2010. La production de fromage a connu une hausse particulièrement notable. Les exportations de fromage vers les pays tiers ont augmenté plus fortement que prévu dès la fin 2009 et en dépit d’une production plus importante, des insuffisances de l’offre ont été observées. Cela s’est traduit par une hausse des prix, notamment pour les fromages à pâte demi-dure standards. Les prix plus élevés du lactosérum en poudre ont également favorisé la valorisation des activités de fromagerie.
La production de lait de consommation et de produits laitiers fermentés a également connu une hausse après la stagnation de l’année 2009. Le rapport note également que la production de crème de consommation a augmenté de manière presque généralisée, ce qui s’est traduit par une utilisation de volumes supplémentaires de matière grasse laitière.

Envolée des prix du beurre et du lait écrémé en poudre
Alors que la production de fromage et de produits de l’assortiment blanc augmentait et que la production de matières premières diminuait, la fabrication de produits d’intervention, (beurre et lait en poudre -LEP) a connu un nouveau recul après une hausse lors de la même période l’année 2009. Au cours des trois premiers mois de 2010, la production de beurre s’est contractée de 9,5% en moyenne dans l’UE, et la production de LEP a même diminué de 17,6%.
La faible production, combinée à une hausse des exportations, a conduit à une offre serrée et à une augmentation des prix. Les prix du beurre en bloc ont atteint en mai 2010 leur plus haut niveau depuis novembre 2007 et étaient aux alentours de 65% supérieurs aux valeurs à l’intervention. Le LEP a réalisé les prix les plus élevés observés depuis la mi-2008 et a rapporté presque 50% de plus que les ventes à l’intervention, même si des stocks notables existaient encore. L’évolution des prix du beurre a été soutenue par le fait que l’industrie agroalimentaire européenne a utilisé de nouveau davantage de beurre et de crème.

Réduction nette des stocks
Lors du premier semestre 2010 les stocks ont accusé une forte chute dans l’UE. Les stocks privés chez les producteurs et les utilisateurs ont atteint au début de l’année un niveau historiquement bas. On a prévu malgré tout de nouveaux achats à l’intervention pour le LEP en 2010, dus principalement au fait que la décision de vendre du beurre et du LEP d’intervention dans le cadre du « Programme en faveur des personnes les plus démunies en Europe » était déjà prise. Beaucoup d’acteurs du marché étaient sceptiques face à cette décision car il semblait peu probable que le marché pourrait absorber ces produits. Mais comme les livraisons de lait lors du premier semestre ont été plus basses que prévu et les exportations sur les marchés mondiaux plus importantes, le marché, en milieu d’année, a été capable d’absorber une offre supplémentaire venant des stocks d’intervention, notamment pour le beurre.
L’écoulement des stocks pour les personnes les plus démunies s’est déroulé sans entraîner de perturbations significatives du marché. Du fait de l’évolution des prix, la Commission européenne a même décidé, à la mi-mai 2010, d’écouler des quantités supplémentaires par la vente via la procédure d’adjudication, pour éviter une surchauffe du marché. L’intérêt en termes d’achat s’est montré plus fort pour le beurre que pour le LEP. Les quantités de beurre encore disponibles ont été pratiquement toutes vendues à la mi-juin 2010. Toutes les offres pour le LEP ont été rejetées du fait de prix proposés trop faibles. L’écoulement des stocks a donc permis d’atténuer la fluctuation des prix.

Perspectives
Selon les auteurs du rapport, l’évolution du marché lors du premier semestre 2010 laisse entrevoir une certaine similitude avec l’évolution de 2007. Mais contrairement à 2007, la Commission européenne dispose d’outils, sous la forme de stocks d’intervention, auxquels elle peut avoir recours pour modérer la fluctuation des prix. Comme les décisions de mai 2010 l’ont montré, la Commission utilise ces possibilités, même si elle suit de façon évidente une ligne de prix qui se situe au dessus de la valeur d’intervention. Il est évident que les prix du lait, suite à la réforme de la politique agricole commune, fluctuent plus que par le passé. Cela représente à la fois « un nouveau défi et des opportunités pour tous les acteurs du marché ». Les experts de l’EDA se disent convaincus que ce sont « de petits déséquilibres entre l’offre et la demande ainsi que de faibles fluctuations de l’offre et de la demande qui entraînent cette forte volatilité des prix ». Ils pronostiquent qu’au cours de 2010, la production de lait dans l’UE et en dehors devrait se rétablir, mais dépasser à peine la demande. Selon eux, une stabilisation des prix à un niveau plus élevé est donc à prévoir.

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