Qui sont les têtes pensantes des programmes agricoles de chacun des candidats en compétition au deuxième tour de la présidentielle 2017. Voici un portrait de quelques-uns d’entre eux.
Pour Emmanuel Macron
Audrey Bourolleau, issue de la société civile
Audrey Bourolleau est la référente nationale d’En Marche sur l’agriculture et la ruralité. Originaire de Niort, en Deux-Sèvres, elle a des origines agricoles « des deux côtés » de sa famille. À 37 ans, Audrey Bourolleau était depuis quatre ans directrice générale de Vin & Société qui fédère l’ensemble des interprofessions de la vigne et du vin. Elle avait auparavant occupé diverses fonctions dans la politique commerciale et le marketing dans le même secteur. Son engagement politique est tout récent. Elle milite auprès d’Emmanuel Macron après avoir participé à la création du mouvement citoyen nommé la Transition qui a rejoint le mouvement En marche à l’automne 2016. « Je me suis engagée politiquement parce que je voulais être utile à mon pays et pour faire de la politique autrement. Nous avons bâti notre programme en nous appuyant sur les besoins exprimés par 3 00 agriculteurs », insiste-t-elle. Les sujets qu’elle veut défendre sont la répartition de la valeur, redonner du pouvoir aux organisations de producteurs et aux interprofessions, faire en sorte de ne pas accabler les agriculteurs de normes.
Olivier Allain, agriculteur et vice-président de la région Bretagne
Olivier Allain, vice-président à la région Bretagne en charge de l’agriculture et de l’agroalimentaire, est bien connu des agriculteurs bretons. Éleveur à Corlay, dans les Côtes-d’Armor, il est en Gaec avec sa sœur. Il exploite 126 ha et élève 130 vaches allaitantes (naisseur-engraisseur) de la race blonde d’Aquitaine ainsi que 6 000 poules pondeuses commercialisées sous label rouge. Il a présidé la FDSEA des Côtes-d’Armor de 2004 à 2007 puis la chambre d’agriculture de 2007 à 2015 avant d’intégrer la liste de Jean-Yves Le Drian aux régionales de 2015. Le sujet de prédilection d’Olivier Allain, c’est la lutte contre la perte de compétitivité de l’agriculture française. « En région Bretagne, nous avons fait augmenter le budget pour l’agriculture de 55 % », souligne-t-il. Et il s’est engagé auprès d’Emmanuel Macron car il dit avoir été séduit par l’homme, « par son agilité intellectuelle et sa capacité à comprendre très vite les dossiers ». La rencontre a eu lieu au moment de sa visite du Space en septembre 2016.
François Patriat a quitté le PS pour rejoindre Emmanuel Macron
D'abord vétérinaire, François Patriat a fait toute sa carrière politique en tant qu’élu du Parti socialiste en Côte-d’Or (député, conseil général et conseil régional) et il connaît bien les questions agricoles pour les avoir suivies tout au long de ces années. Il a d’ailleurs été ministre de l’Agriculture en 2002. De 2004 à 2016, il a été président du Conseil régional de Bourgogne, et depuis septembre 008, il est sénateur de Côte-d’Or. Il a été l’un des premiers soutiens au mouvement En Marche lancé par Emmanuel Macron. À la lettre du secrétaire général du PS de début mars 2017, le menaçant d’exclusion s’il parrainait Emmanuel Macron, François Patriat a répondu que s’il a choisi de lui donner sa signature, c’est en raison du caractère « charismatique » et « visionnaire » de l’ex-ministre de l’Économie, et de sa peur de voir la gauche exclue d’un second tour entre la droite et l’extrême-droite. Dans sa lettre de réponse à Jean-Christophe Cambadelis, il a dit vouloir se mettre « en marge du Parti socialiste, et 'En marche' aux côtés d’Emmanuel Macron ». Il a ensuite quitté le Parti socialiste fin mars.
Pour Marine Le Pen
Philippe Loiseau, agriculteur et député européen
Philippe Loiseau est conseiller régional du Centre-Val-de-Loire depuis 2004 et membre du bureau politique du Front national depuis 2011. Il est aussi député européen depuis 2014 et siège à la commission Agriculture et développement rural du Parlement européen. Il était conseiller pour la campagne de Marine Le Pen lors de l’élection présidentielle de 2012 sur l’agriculture, une thématique qu’il connaît bien. À 60 ans Philippe Loiseau est en effet céréalier près de Chartres, dans l’Eure-et-Loir, où il cultive 110 hectares. Il dit être devenu agriculteur parce qu’il est « passionné de la nature, de la chasse et de la pêche » alors qu’il n’était pas issu du milieu agricole. Philippe Loiseau précise qu’il est entré au Front national en 1992 au moment de la réforme de la Pac parce qu’il s’est retrouvé dans le discours de Jean-Marie Le Pen sur ces questions. Enfin, Philippe Loiseau est un passionné de chasse, qu’il défend ardemment au Parlement européen comme sur le territoire national.
Edouard Ferrand, député européen, élu de Bourgogne
Edouard Ferrand est député européen, membre de la commission agriculture du Parlement européen mais aussi de la commission commerce international. Au Front national, il est membre du bureau politique. Au niveau personnel, Edouard Ferrand est président d’un groupement foncier agricole familial (GFA) à Avallon, en Bourgogne, étant issu d’une famille d’éleveurs de chevaux. « J’ai commencé par représenter Marine Le Pen sur les questions équines, puis j’ai organisé pour elle des rencontres avec des viticulteurs du Chablis, une région que Marine affectionne », précise-t-il. Edouard Ferrand travaille sur le thème de l’agriculture, mais aussi de la ruralité, en réalisant régulièrement des déplacements à la rencontre des institutionnels agricoles et des agriculteurs. « C’est la mission que nous a assignée Marine, et c’est payant », insiste-t-il. Edouard Ferrand est aussi membre de l’intergroupe chasse au Parlement européen, un thème très lié à la ruralité, précise-t-il.
Gilles Pennelle, spécialiste de l’élevage breton
Gilles Pennelle est professeur d’histoire-géographie à Fougères, en Ille-et-Vilaine. Il est entré au Front national lorsque Marine Le Pen en a pris la présidence en 2011. Il est élu municipal FN de Fougères et président du groupe des élus FN au conseil régional de Bretagne. « Je me suis intéressé à l’agriculture dès que j’ai pris mes fonctions en me spécialisant sur les questions d’élevage porcin et laitier », explique-t-il, au volant de sa voiture en route pour visiter une ferme du Morbihan. Gilles Pennelle accompagne Marine Le Pen dans tous ses déplacements dans les salons et organise pour elle des visites chez les éleveurs bretons. Il la conseille sur ces thématiques de l’élevage, « mais aussi de la ruralité », insiste-t-il.
Gilles Lebreton, député européen en Normandie
Gilles Lebreton est un universitaire et professeur de droit public à l’université du Havre. Il est l’auteur d’une quinzaine d’ouvrages juridiques. Il est député européen depuis mai 2014 et conseiller municipal de Montivilliers, près du Havre, en Seine-Maritime, où il habite. Au Front national, Gilles Lebreton est membre du bureau politique et membre du conseil stratégique pour la présidentielle. « J’ai rejoint Marine Le Pen pour être tout d’abord son conseiller sur l’enseignement supérieur puis pour la conseiller sur l’Europe », explique-t-il. Étant issu du milieu agricole, il a une certaine sensibilité aux problématiques sur l’agriculture. Et, « en tant que député de l’Ouest, j’ai pu mesurer les difficultés des agriculteurs, notamment dans les filières d’élevage », poursuit-il.