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RÉSULTATS/COOPÉRATIVE Les résultats de Maïsadour en ligne avec les objectifs

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Maïsadour affiche sa satisfaction quant aux résultats de son exercice 2014/2015. Les activités agricoles se sont bien comportées, et la rationalisation des activités agroalimentaires se poursuit au rythme prévu. Le groupe se fixe un objectif de marge brute d'exploitation de 4,5 % comme premier palier de développement pour sa rentabilité.

Maïsadour, qui a tenu son assemblée générale le 1er décembre, a présenté des résultats 2014/2015 en ligne avec ses objectifs. « L'endettement est parfaitement maîtrisé et la rentabilité du groupe s'est améliorée », indique Thierry Zurcher, directeur général du groupe coopératif du Sud-Ouest. À 1,58 milliard d'euros, le chiffre d'affaires du groupe a progressé de 2 %, pour un excédent brut d'exploitation de 56 millions d'euros, en progression de 9 %. Thierry Zurcher estime que Maïsadour est sur la bonne voie pour atteindre une marge brute d'exploitation de 4,5 % à terme, contre 3,5 % sur le dernier exercice. « Il s'agit d'un bon palier d'équilibre », commente-t-il. Plus discret sur le résultat net, le dirigeant précise seulement qu'il est meilleur que l'an passé. Rappelons que la perte nette avait atteint 11,7 millions d'euros en 2013/2014, notamment du fait de la dévaluation de la grivna ukrainienne. Sur 2014/2015, ce sont des provisions « importantes » – en lien avec les restructurations et la situation en Ukraine – qui pèseraient sur la rentabilité nette.

LE PÔLE GASTRONOMIE « EN PHASE DE DIGESTION »

En ce qui concerne le pôle gastronomie (516 millions d'euros de chiffre d'affaires avec Delpeyrat, Comtesse du Barry, Delmas et Sarrade), le groupe est « toujours en phase de digestion », pour reprendre le terme de Thierry Zurcher. Le pôle, qui avait beaucoup crû à coup de croissance externe, s'est délesté de la plus grande partie de ses activités traiteur, cédées à Tallec. Reste le site de Thouars, spécialisé dans la RHD, qu'il faut « redresser », admet Thierry Zurcher. Dans le poisson également, la situation doit être améliorée. « Nous avons restructuré l'activité poisson frais cette année et nous espérons atteindre l'équilibre sur la partie saumon fumé dès le prochain exercice », détaille Thierry Zurcher. « Le retournement est en cours pour La Comtesse du Barry, qui a également mené à bien une restructuration cette année », ajoute-t-il, précisant qu'il attend beaucoup de cette société. Jambon et canard gras peuvent se targuer d'un exercice tout-à-fait satisfaisant. Pour ce dernier, toutefois, des stocks importants continuent d'affecter les prix, et cet effet devrait perdurer sur la saison festive en cours. Toujours dans le foie gras, il faudra aussi redresser l'activité canadienne acquise en même temps qu'Excel. L'usine est sous-utilisée, et même si le projet de recherche d'un partenaire s'avère « compliqué », le groupe reste très mobilisé. Cette porte d'entrée sur les marchés nord-américains représente une réelle opportunité.

DEUX URGENCES : LE TRAITEUR ET LE CANADA

Les priorités de Philippe Carré, directeur général adjoint de Maïsadour depuis quelques mois, consistent notamment à « solutionner l'activité traiteur et le Canada », à renforcer la marque Delpeyrat et à accompagner la relance de la Comtesse du Barry.

En France, Toujours dans les activités aval, la volaille (Fermiers du Sud-Ouest, 222 millions d'euros chiffre d'affaires) se porte très bien. « Les ventes et la rentabilité ont progressé. Il y a un appel d'air du marché sur les volailles label. L'enjeu majeur pour Fermiers du Sud Ouest, c'est de trouver de nouveaux éleveurs », commente Thierry Zurcher.

GRANDES MANŒUVRES DANS LES SEMENCES

En ce qui concerne l'amont (productions végétales et animales, nutrition animale, semences, agrofourniture, etc. soit 789 millions d'euros de chiffre d'affaires), l'exercice a été « bon ». Les ventes de semences ont progressé partout en Europe et même doublé en Ukraine. La fermeture des frontières avec la Russie a toutefois contrarié les projets de développement de Maïsadour dans cette zone, aussi le groupe a-t-il décidé de contourner la difficulté. Il a ainsi annoncé, le 30 novembre, un projet d'alliance dans la production de semences avec la holding russe Kouban, avec l'objectif d'y lancer une nouvelle marque d'ici à trois ans. Mais le plus grand chantier du groupe dans ce domaine reste le projet de fusion de ses activités semences avec celles de Ter-rena (dont Jouffray-Drillaud). La coentreprise, dont on ne connaît pas encore le tour de table précis, devrait dégager 250 millions d'euros de chiffre d'affaires avec 1 100 personnes.

Enfin le pôle jardinerie et motoculture (52 millions d'euros de chiffre d'affaires avec notamment 32 jardineries) s'est également bien porté sur 2014/2015, même si sa rentabilité n'est pas encore au niveau attendu par le groupe. Sur l'exercice en cours, les 26 points de vente qui n'étaient pas sous enseigne Gamm Vert vont basculer, avec une petite originalité locale puisque leur nom sera « Gamm Vert groupe Maïsadour ».

VERS UNE FUSION AVEC VIVADOUR ?

Maïsadour, dont le siège est basé dans les Landes, regroupe 8 000 agriculteurs et emploie 6 100 personnes. Le groupe, qui travaille étroitement avec d'autres coopératives du Sud-Ouest, au premier rang desquelles Vivadour (au sein de 14 filiales communes), espère toujours initier un projet de rapprochement pour donner naissance à une grande coopérative du Sud-Ouest. « Les discussions se poursuivent », admet Thierry Zurcher, sans confirmer si une fusion entre Maïsadour et Vivadour pourrait constituer un point de départ pour une organisation plus large ou si un projet plus vaste est d'ores et déjà discuté.

MAÏSADOUR EN BREF

Pôle agricole 789 M € CA 2800 salariés 168 sites

Pôle jardinerie motoculture 52 M € CA 303 salariés 37 sites

Pôle gastronomie 516 M € CA 2 128 salariés 30 sites

Pôle volailles 222 M € CA 862 salariés 5 sites (chiffres 2014/2015)