Abonné

Grand Froid Les surgelés résistent, les glaces sont à la fête

- - 5 min

Les Français ont consommé près de 2,1 millions de tonnes de produits surgelés (quasi stable) et 360 millions de litres de glaces (+4,9%) en 2009, selon le syndicat des surgelés et celui des glaces, qui dressaient la semaine dernière le bilan annuel du secteur à l’occasion de la Journée Grand Froid.

Après avoir bien résisté à la crise en 2008, le marché des produits surgelés a un peu progressé en volume l’an dernier pour atteindre 2 millions de tonnes (+0,24%) et son chiffre d’affaires a été en légère hausse (+0,7%) à 8,12 milliards d’euros. Lors de la dernière Journée Grand Froid, le 1er avril, Frédéric Jaubert, président du Syndicat des surgelés, s’est félicité de « cette résistance, malgré un climat économique morose, qui témoigne de l’attachement définitif des Français aux produits surgelés ».
Si la consommation à domicile (près de la moitié du total) a légèrement faibli (-1,2% en volume, -0,3 % en valeur), l’utilisation de surgelés par la restauration (collective ou commerciale) est en hausse de 1,5% (+2,2 % en valeur).
Particulièrement prisées en 2009, selon une enquête de Kantar Worldpanel (ex-TNS) : les entrées surgelées avec une augmentation des volumes de 13% pour les tourtes et de 4% pour les quiches. Les consommateurs ont aussi acheté des produits bruts pour cuisiner à la maison, ce que traduit la hausse des ventes de viandes surgelées (+3% en volume), des herbes (+ 4%) et des aides culinaires sucrées type sauce et coulis de fruits (+9%). En revanche, les plats cuisinés et les poissons surgelés ont connu un sérieux repli (-4 et -5 %).
En 2009, la répartition des achats par circuit reste forte pour les hypers et supermarchés qui totalisent 55,9 % des volumes contre 16,6 % pour le hard discount, 13,6 % pour la livraison à domicile et 11,9 % les magasins spécialisés. Mais en valeur, la livraison à domicile et les magasins spécialisés tirent mieux leur épingle du jeu (respectivement 21,3 % et 18,4 %) que le hard discount (12,3 %) et les GMS (46 %).
Les magasins spécialisés (freezer centers) concentrent les plus gros acheteurs de surgelés et les plus fidèles, selon Gaïdic d’Albronn, de Kantar Worldpanel, ce qui en fait un îlot de résistance intéressant pour ce secteur dans une période de relative désaffection pour les hypermarchés. Il reste que sur l’ensemble des circuits, les foyers ont beau fréquenter moins souvent le rayon surgelés que bien sûr ceux des produits de première nécessité (ultra-frais, fromages, charcuterie), ils y consacrent un budget un peu supérieur (et trois fois plus que pour l’eau ou les conserves qui totalisent le même nombre d’actes d’achat). La crise, en revanche, a infléchi le comportement des fabricants qui ont freiné fortement leurs investissements publicitaires, les ramenant à 32 M EUR (-22 % par rapport à 2008). Il faut dire que le linéaire a été peu favorisé en GMS ces dernières années, sa progression étant infime par rapport à celle des rayons traiteur ou fromages par exemple, même s’il a eu tendance à se réamorcer l’an passé.

Glaces : réveil inattendu
Le marché des glaces, de son côté, a fourni la bonne surprise de l’année. Alors qu’il était relativement stable depuis plusieurs années, et s’était avéré plus difficile depuis deux ans, il a enregistré d’excellents résultats en 2009, selon le syndicat des fabricants (SFIG). Son président Javier Texido l’a expliqué par un envol des ventes dans la distribution favorisé par les innovations des industriels, l’activité promotionnelle, l’animation en rayon, le tout conjugué à une excellente météo.
Si le marché des glaces consommées à domicile a progressé de 7% - une évolution qui semble assez déconnectée du contexte économique -, en revanche celui des glaces consommées hors domicile a baissé de 1,3%, comme l’ensemble de la consommation hors domicile. Au global, le marché a progressé de 4,9 % à 362 millions de litres, dont 256 M l pour la consommation à domicile et 106 M l pour la CHD. Ainsi, un Français consomme près de 6 litres de glace par an et la répartition de ses achats par circuit montre que la glace peut s’acheter partout, pour une consommation courante, festive, nomade, d’impulsion ou au restaurant.
Dans la distribution, où le chiffre d’affaires réalisé dépasse le milliard d’euros, les hypers et supermarchés dominent les ventes (66,4 % des volumes et 64,3 % en valeur), les magasins hard discount en occupent 16 % en volume (10,7 % en valeur) ; la livraison à domicile compte pour 8,6 % (12,1 % en valeur) et les enseignes spécialisées pour 7,1 % (10,6 % en valeur).
Les meilleures progressions en GMS ont été enregistrées par le vrac (+8 % en volume, +5 % en valeur) et par les glaces individuelles (bâtonnets, cônes,…qui pèsent 60 % des ventes en valeur) avec +6 % en volume +4 % en valeur. Ce marché dynamique est soutenu, chaque année, par une réelle stratégie d’innovation puisque, selon Kantar Worldpanel, 9 % du chiffre d’affaires des marques a été réalisé avec des produits qui n’existaient pas deux ans auparavant, et que les investissements plurimédia se sont maintenus à 32 M EUR en 2009 (+0,8 %). Les tendances qui ont boosté la demande sont clairement les achats plaisir, puisque les bâtonnets gourmands ont surperformé (+16 % en volume), de même que le vrac gourmand (+11 %), ce qui vaut les scores du foie gras (+13 %) et dépasse de loin les pâtes à tartiner, les alcools ou la confiserie.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.