Ce sont les agriculteurs qui ont orienté le prix des terres l’an dernier. Selon les données de la FNSafer, la pression émanant des citadins s’est faite moins forte mais les exploitants, incités par de bons prix de leurs productions en 2008, ont voulu acheter plus de terres agricoles. Globalement, pourtant, le prélèvement au profit des terres urbaines continue à un rythme soutenu.
La pression des non-agricoles sur le prix des terres se relâche. C’est ce qu’indiquent les données de la Fédération nationale des Safer, diffusées le 28 mai par l’équipe de la FNSafer autour de son président André Thévenot. En 2008, le prix des terres et prés libres a progressé de 5,6 %. Ils atteignent en moyenne 5 170 euros/ha mais avec des écarts considérables. Le record se situe ainsi à 830 000 euros par hectare de terre à champagne ! Lorsqu’elles sont louées, les terres coûtent 3 870 euros/ha en moyenne avec une progression de 4,1 % en 2008.
Si les terres valent plus cher, le volume de transactions a baissé, de l’ordre de 5,6 % en nombre et de 3,8 % en surface. La raison : la pression des acheteurs non agricoles s’est réduite. Du fait de la crise financière, l’ensemble des non-agriculteurs a réduit ses achats de terres agricoles. L’an dernier, ce sont donc les agriculteurs qui ont été le moteur principal du foncier rural. Les achats de terre pour des maisons de campagne ont diminué de 36 % depuis 2006.
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Les terres agricoles en peau de chagrin
Malgré ces inflexions de tendances, les prélèvements sur des terres agricoles sont restés soutenus. Ainsi, en 2008, 45 000 hectares auraient fait l’objet d’un achat par des opérateurs, privés ou publics, qui les destinent à l’urbanisation. « Le gaspillage des terres agricoles continue inexorablement », regrette le président des Safer, André Thévenot. Le phénomène a légèrement augmenté puisque la moyenne des trois dernières années ne portait que sur 42 600 ha/an. Le phénomène dit « d’artificialisation » des terres est même peut-être plus intense que cela. Selon des chiffres de ministère de l’Agriculture qui recensent aussi les surfaces n’étant pas passées par le marché foncier, cette artificialisation porterait sur 70 000 ha l’an dernier contre 60 000 ha en moyenne les années précédentes. Alors que les sociétés ou personnes privées auraient ralenti leurs achats, les collectivités publiques (municipalités, départements, État) auraient augmenté les leurs.
Vignes et forêts en hausse également
La hausse des terres agricoles touche également les secteurs de la forêt et de la vigne. Le prix des forêts a augmenté de 7,1 % en 2008, notamment sous la pression des agriculteurs qui ont acquis 12 % des surfaces vendues. Les vignes ont connu également une nette augmentation, de l’ordre de 4,6 % avec une hausse de 11 % des surfaces échangées. Mais l’écart a été très sensible selon la qualité des vignes. La valeur des hectares de vigne a augmenté de près de 10 % pour les vins de qualité tandis qu’elle s’est réduite de 1,8 % pour les vins de consommation courante. Le prix d’un hectare a augmenté de 5 % pour les vignes destinées aux eaux-de-vie. La vigne représente un exemple, parmi d’autres, d’un phénomène de plus en plus présent : la différenciation des prix selon la qualité et la rentabilité des terres. Ainsi, classées selon les régions agricoles, le rapport entre les terres les moins chères et les terres les plus coûteuses est de 1 à 17.