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Les valeurs françaises de l’agroalimentaire maintiennent leur avance sur le CAC 40

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Comme tous les trimestres, Unigrains dévoile les performances de son indice IAA 80, composé des 80 plus importantes valeurs cotées de l’agroalimentaire d’Europe de l’Ouest. Sur le second trimestre 2019, l’évolution de l’IAA 80 (+2,9 %) est assez proche de celle du MSCI Europe (+1 %), mais sur 10 ans la surperformance des valeurs agroalimentaires européennes domine avec un gain de 12,1 %, contre 6,2 % pour l’indice de référence global européen. Et les 14 valeurs françaises entrant dans la composition de l’IAA 80 continuent de bien se porter, avec un taux de croissance moyen annuel de 14,8 % sur un an, bien supérieur à celui du CAC 40 (+5,5 %).

Après un très bon premier trimestre 2019, l’IAA 80 (1), l’indicateur d’Unigrains des valeurs cotées de l’agroalimentaire en Europe de l’Ouest a un peu ralenti l’allure sur les trois mois suivants (avril à juin), tout comme le MSCI Europe (2). "Ce tassement reflète le regain des tensions commerciales sino-américaines, principal vecteur actuel des incertitudes sur la croissance économique mondiale. Par ailleurs, l’absence de solution concernant le Brexit continue de peser sur les cours", selon Unigrains. Sur ces trois mois, d’avril à juin, l’évolution de l’IAA 80 a d’ailleurs convergé avec celle du MSCI Europe, avec des hausses de respectivement 2,9 % et 1 %. Néanmoins sur le long terme, la surperformance des principales valeurs de l’agroalimentaire en Europe domine toujours largement (voir tableau).

À noter, que de façon générale, les grosses entreprises se comportent mieux que les petites en Bourse. Une corrélation entre la taille et la performance boursière des valeurs de l’IAA80 et leur taille qu’Unigrains explique comme étant "un facteur significatif de sa résilience opérationnelle, notamment en ce qu’elle lui procure un fort pouvoir de négociation et/ou qu’elle reflète une certaine diversité géographique ou de portefeuille produits". Ainsi, sur un an, seuls les sous-indices Lead 11 (3) et Big 26 (3) sont positifs à respectivement +10,8 % et +6,4 %. De leur côté et toujours sur un an, le Mid 26 (3) et le Small 17 (3) cèdent respectivement 5,2 % et 33,4 %. Même si les moyennes et petites valeurs ont retrouvé la faveur des investisseurs depuis le début de l’année, ce mouvement n’a pas été suffisant "pour effacer les pertes boursières du second semestre 2018", rappellent les experts.

Au final sur un an, l’indice d’Unigrains profite donc de la bonne progression des poids lourds tels que Nestlé, Danone, Pernod Ricard et Diageo, des valeurs qui ont "retrouvé un équilibre de croissance sain après avoir été fragilisés par la combinaison de soubresauts économiques et politiques dans nombre de marchés émergents, et d’une demande atone dans les pays développés", selon Unigrains. À noter que la hausse de ces quatre grosses capitalisations aurait dû également profiter à l’indice européen, toutes ces valeurs entrant en effet dans la composition du MCSI Europe, mais leur hausse n’a cependant pas permis de contrebalancer le poids de valeurs d’autres secteurs, moins performantes.

Les valeurs agroalimentaires françaises recherchées

Sur 10 ans, l’IAA 80 conserve également son avance par rapport à l’indice global européen (à respectivement +12,1 % et +6,2 %), signe que l’agroalimentaire, secteur défensif par excellence, continuer de tirer son épingle du jeu dans un contexte économique difficile.

A noter aussi la très bonne tenue des valeurs françaises, regroupées au sein du sous-indice FR 14 (4). Même si elles ralentissent un peu l’allure au second trimestre 2019, à +6,1 % contre +17,2 % sur six mois, elles conservent une longueur d’avance par rapport au CAC 40 (qui ne gagne que 3 %) et également à l’IAA 80 (+2,9 %). Quasiment toutes les valeurs composant le FR 14 sont repassées dans le vert sur le dernier trimestre, note Unigrains, "ce qui n’est pas le cas lorsque l’on considère l’indice sur un an : la performance positive annuelle du FR 14 à 14,8 % est uniquement soutenue par celle de ses trois plus grosses valeurs Danone, Pernod Ricard et Rémy Cointreau". Et au final, sur 10 ans, le FR 14 est largement devant l’indice phare de la Bourse de Paris avec un taux de croissance moyen annuel de 10,1 %, contre 5,9 % seulement pour le CAC 40, mais un peu en dessous de l’IAA 80 (+12,1 %).

Aryzta à la peine, Sudzücker reprend des couleurs

Globalement, les plus mauvaises performances sur les trois derniers mois ont concerné Glanbia (-16,7 %), Viscofan (-16,7 % également) et Aryzta (-19,5 %). Pour Glanbia, « cette baisse fait suite à une détérioration des volumes de ventes plus forte que prévu dans la division Glanbia Performance Nutrition, dont la supply chain a été réorganisée », rappelle Unigrains. Néanmoins « les perspectives 2019 sont maintenues car le management anticipe des résultats en hausse au second semestre. Les perspectives sont notamment soutenues par Slimfast, dont l’acquisition fin 2018 porte déjà ses fruits. La stratégie du groupe est de continuer à étendre ses activités Santé & Bien-être, via des acquisitions comme celle de Slimfast et via la vente en ligne de produits nutritionnels », explique un membre d’Unigrains. Et concernant Aryzta, le groupe suisse, dans une passe difficile depuis plusieurs mois, a réduit ses objectifs d’Ebitda annuel : le plan de réduction des coûts n’aura pleinement son effet qu’en année financière terminant en juin 2021. Et l’activité US reste à la peine, Aryzta semblant y perdre des contrats au profit de ses concurrents principaux. Autre élément pesant négativement dans la balance selon Unigrains, le fait qu'"Aryzta n’arrive pas à vendre sa part dans Picard. Le cash dégagé de la cession serait une aide précieuse pour mener à bien son plan de redressement » (Agra Alimentation du 18 juillet 2019).

À souligner en revanche du côté des hausses, celle de Sudzücker, seule valeur sucre de l’IAA 80 qui gagne 32,5 % sur les trois derniers mois et 10,6 % sur 1 an. "Au 30 juin sa capitalisation boursière est revenue à son niveau d’il y a 10 ans". Pour le management comme pour les analystes financiers, « le pire est derrière » l’entreprise et 2019 devrait être l’année charnière. "De meilleurs prix pour le sucre contracté à partir d’octobre prochain devraient soutenir les résultats de l’entreprise", explique Unigrains.

Une valorisation stable sur le trimestre

Enfin, côté valorisation, "l’Ebitda moyen généré sur les 12 derniers mois s’inscrit à 13,9 x au second trimestre 2019, un niveau relativement stable (-0,06 %) par rapport au premier trimestre 2018", relève Unigrains. Et si les valeurs françaises de l’agroalimentaire sont recherchées, elles sont aussi bien valorisées. Ainsi, le FR 14 se paye 13,5 x l’Ebitda moyen sur le second trimestre 2019 (contre 9,7 x pour le CAC 40). Un multiple de valorisation qui passe à respectivement 12,5 x et 7,8 x en moyenne sur 10 ans ", selon Unigrains.

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Et les valeurs européennes de l’agroalimentaire n’ont rien à envier aux performances de leurs homologues américaines. Ainsi sur un an, l’IAA 80 affiche une progression de 11 %, quand elle n’est que de 10,3 % pour l’US 52 (4). Et sur dix ans, ce sont encore les valeurs de l’agroalimentaire européennes qui sont en tête, avec un taux de croissance annuel de 12 %, contre +10,8 % pour les américaines.

(1) L'IAA 80 est constitué de 80 valeurs cotées de l’agroalimentaire basées dans 13 pays d’Europe de l’Ouest (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, France, Finlande, Irlande, Italie, Norvège, Pays-Bas, Royaume-Uni, Suède, Suisse). Il est pondéré par la capitalisation boursière. Les valeurs retenues ont une capitalisation boursière supérieure à 50 M€ et un flottant minimum de 15 %

(2) L’indice MSCI Europe englobe les 439 valeurs les plus importantes des marchés de 15 pays d’Europe

(3) Les 4 sous-indices sont définis par Unigrains en fonction de la capitalisation boursière : le Lead (11 valeurs affichant une capitalisation boursière supérieure ou égale à 10 Mrd€), le Big (26 valeurs affichant une capitalisation boursière comprise entre 1 et 10 Mrd€), le Mid (26 valeurs affichant une capitalisation boursière comprise entre 200 M€ et 1 Mrd€) et le Small (17 valeurs affichant une capitalisation boursière inférieure à 200 M€)

(4) Le FR 14 est composé des 14 valeurs françaises de l’agroalimentaire entrant dans l’indice IAA 80 : Danone, Pernod-Ricard, Rémy Cointreau, LDC, Bonduelle, Savencia, Laurent-Perrier, Lanson-BCC, Vranken Pommery, Fleury Michon, Eurogerm, Advini, MBWS et Tipiak.

(5) Indice établi par Unigrains et composé des 52 titres des plus grosses capitalisations boursières des secteurs Food et Boissons aux États-Unis.

L’IAA 80 surperforme toujours le MSCI Europe

Sudzücker, seule valeur sucre de l’IAA 80, a fait un bond de 32,5 % sur trois mois

Un trimestre difficile pour les "charcutiers" en Bourse

Les valeurs du secteur Viande ont globalement souffert sur les trois derniers mois et plus particulièrement, les titres "qui pâtissent de la flambée du prix du porc européen, conséquence de la peste porcine africaine qui décime les élevages chinois", relève Unigrains. Ainsi, Fleury Michon a reculé de 8,2 % au deuxième trimestre 2019. Début juin, le groupe a annoncé prévoir " un résultat opérationnel négatif sur le 1er semestre 2019 ». Des prévisions confirmées le 25 juillet à l’occasion de la publication du chiffre d’affaires semestriel (-2,6 % de 349,1 M€) et même étendues au résultat net semestriel. Maintenant en effet, Fleury Michon anticipe une perte nette. Ses comptes semestriels seront publiés le 10 septembre prochain. Lors de son profit warning, le groupe pointait plusieurs raisons à savoir, le « niveau d’activité lié à l’évolution des principaux marchés sur lesquels le groupe opère » et « le délai de répercussion par la distribution des hausses de prix dans nos tarifs, consécutives aux hausses de cours depuis avril ». Une révision en baisse des perspectives de résultats qui a également concerné le suisse Bell Food (-3,8 % sur les trois derniers mois). Fortement dépendant des GMS allemandes, celui-ci déplorait également une hausse des coûts difficile à répercuter sur les prix de vente. Le groupe publiera ses résultats semestriels le 14 août 2019.

À l’inverse pourtant, son compatriote Orior (+2,9 %) se porte bien car il n’est pas touché par la hausse des prix. "La plupart de ses produits charcutiers sont vendus en Suisse et fabriqués à base de porc suisse, dont le cours est déjà largement au-dessus du reste de l’Europe", explique en effet Unigrains. De son côté, Ter Beke affiche un recul de 7,5 %. Le groupe qui vend principalement en Belgique et aux Pays-Bas, a vu fondre les résultats de sa division charcuterie sous la conjonction d’une baisse de la consommation de charcuterie et de la hausse des coûts du porc".