L'été sera chaud, mais pas seulement d'un point de vue météorologique. Le ras-le-bol des éleveurs bovins, porcins et des producteurs laitiers est arrivé à son comble ces derniers jours. Et vu le contexte actuel, tout laisse à penser qu'il sera difficile de sortir vers le haut de cette crise. En effet, à force de rejeter la faute sur les uns et sur les autres, qu'il s'agisse de Bruxelles, des politiques de droite, puis de gauche, des éleveurs eux-mêmes, des industriels aussi, des distributeurs évidemment et tous les autres par dessus le marché, la situation semble arriver aujourd'hui à un point de non-retour. Et nul besoin d'être grand oracle pour voir que cette crise laissera du monde au bord de la route du côté des éleveurs, mais pas uniquement.
Et ce n'est qu'enfoncer des portes ouvertes que de le rappeler : il n'est plus temps de se renvoyer la balle, mais bien de trouver des solutions pérennes… collectivement. Parce qu'au final, la perte de compétitivité des filières, mais aussi des entreprises et de tout ce qui fait la richesse agroalimentaire française serait dommageable pour la… collectivité. Déjà, la France est passée de la 3e place en 2000 à la 6e aujourd'hui des pays exportateurs de produits agricoles et agroalimentaires.
Espérons qu'entre ce qui ressemble fort à un dialogue de sourds et la prise de conscience un peu tardive de la part des politiques, il ne soit pas déjà trop tard pour permettre à chacun de repartir sur de bonnes bases. Mais traiter les problèmes dans l'urgence n'est jamais bon. Perrine Delfortrie