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Système U plaide en faveur de l’étiquetage obligatoire
Dans un courrier adressé le 13 février au ministre délégué à l’Agroalimentaire, Système U défend la mise en place de l’étiquetage obligatoire de l’origine de la viande, dans les produits élaborés à base de viande. Une initiative présentée deux jours plus tôt par Guillaume Garot et à laquelle s’associe ainsi l’enseigne. Elle permettra de valoriser d’une part, « les efforts fournis par les producteurs français depuis la crise de la "vache Folle" », d’autre part, son engagement, en faveur du développement de produits en France, à partir d’ingrédients eux-mêmes produits en France, rappelle le distributeur. « Au-delà du prix, la disponibilité de la matière première agricole constitue pour nous la clé d'une reprise du développement de l'industrie alimentaire française ». Système U se dit également prêt à participer aux travaux menés sur le sujet. Par ailleurs, l’enseigne interpelle le ministre en matière de gaspillage alimentaire : quid des produits retirés et désormais stockés dans les chambres froides des magasins ? « À titre d'information, nous avons d'ores et déjà détruit près de 10 000 unités consommateurs de produits Findus à la demande de notre fournisseur. Les comptages actuels font état de près de 15.000 UVC en attente de devenir ». Sauf intervention du gouvernement, l’ensemble sera détruit, indique la marque.
(RA)
Les filières d’élevage veulent imposer l’étiquetage
Interbev (interprofession bétail et viande), le Sniv-SNCP (entreprises françaises des viandes) et Coop de France Bétail et Viandes portent le projet d’étiquetage obligatoire de l’origine de la viande fraiche et transformée. Déjà obligatoire au sein de l’Union européenne pour la viande fraîche, la demande porte sur les plats cuisinés en France et en Europe. « L’étiquetage de l’origine des viandes, actuellement en vigueur pour les viandes fraîches pourrait s’étendre aux viandes transformées », analyse le Sniv-SNCP. La demande des organisations ne porte pas seulement à l’échelle européenne, mais aussi à l’échelle nationale. Coop de France rappelle que « cet étiquetage, réclamé par les associations de consommateurs, apportera une information complémentaire en matière de sécurité sur les produits ».
Pour la FNSEA et les JA, la Commission européenne est déconnectée concernant l’étiquetage
« D’après la Commission européenne, il serait “prématuré” d’envisager de rendre obligatoire un étiquetage d’origine de la viande présente dans les produits transformés…il faudrait donc attendre un futur rapporteur pour une future décision ! Déconnectés, voilà le bon mot », s’emporte la FNSEA dans un communiqué du 13 février. Suite à l’affaire de la viande de cheval retrouvée dans les lasagnes Findus, c’est l’ensemble des professionnels de l’élevage ainsi que Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, et Benoît Hamon, ministre de la Consommation, qui espèrent obtenir de l’Europe une obligation de l’étiquetage de l’origine de la viande des plats préparés. Les deux ministres devaient poser la question au Conseil des ministres du 13 février. Néanmoins, la veille, Frédéric Vincent, porte-parole de Tonio Borg, commissaire européen à la santé et à la politique des consommateurs, avait d’ores et déjà rappelé que ce serait une décision prématurée que de rendre obligatoire cet étiquetage, soulignant que la situation relève plus d’une « problème de fraude » plutôt que d’un problème de traçabilité.
(CR)
Les minoritaires s’indignent du manque de contrôle à l’égard de la transformation
« La Coordination Rurale s’indigne qu’une telle tromperie envers le consommateur puisse avoir été mise en place», dans un communiqué du 11 février. La CR souligne « qu’il est anormal qu’on exige des éleveurs une transparence pointilleuse et sans faille alors que les intermédiaires et les industries agroalimentaires agissent à leur guise ! ». L’organisation professionnelle propose donc de simplifier le circuit de commercialisation, ainsi, « la marge captée par les nombreux intermédiaires pourrait revenir aux éleveurs à travers une hausse des prix à la production ; la viande ne se baladerait plus partout dans le monde et le fameux bilan carbone serait revu à la baisse ». Pour Philippe Collin, porte-parole de la Confédération paysanne, l’affaire Findus « montre bien que les contraintes sur les éleveurs sont inutiles et inefficaces». « C’est extraordinaire qu’on impose aux éleveurs le puçage électronique de leur bétail, et que de l’autre côté on laisse passer du cheval pour du bœuf ». La Confédération paysanne appelle donc les pouvoirs publics à renforcer la traçabilité des produits et à mettre en place un étiquetage plus efficace. Pour le Modef, « cette affaire “mafieuse”, quelle que soit la société ou l’intermédiaire qui a réalisé le faux étiquetage, éclabousse une profession victime des dérives d’un système ». Il faut donc « sanctionner de manière exemplaire ceux qui ont fraudé » et « tirer les enseignements de la gestion des groupes coopératifs et redonner le pouvoir aux coopérateurs », assure le Modef.
(MG)