La franche hostilité des Etats membres de l’UE à l’autorisation de la décontamination des poulets à l’aide de substances chlorées, exprimée au Conseil agricole du 19 mai, a ébranlé la position de la Commission de Bruxelles. Difficile, pour elle, de rédiger un projet de texte qui ait une chance de passer avec succès l’examen par les experts des Vingt-sept. Et ainsi de satisfaire les Etats-Unis.
Michel Barnier, le ministre français de l’Agriculture, a obtenu, le 19 mai, lors du Conseil agricole, le soutien quasi unanime des États membres de l’UE pour combattre le projet de réouverture des frontières européennes au poulet chloré américain. « Les Américains font ce qu’ils veulent, mais nous ne sommes pas obligés d’adopter leur mode alimentaire », a-t-il défendu.
Vingt et une délégation ont affiché la même position. Seuls le Royaume-Uni, Malte, la Lituanie et la Pologne, interlocuteurs privilégiés de Washington, ne se sont pas risqués à prendre de front les Etats-Unis. Les autres responsables européens ont fustigé un projet qui va à l’encontre de toute la politique sanitaire initiée par l’Europe ces dernières années et notamment, le contrôle à toutes les étapes de la chaîne de production de l’hygiène des produits.
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Le ministre allemand de l’Agriculture, Horst Seehofer, a relevé qu’il serait contradictoire, pour la Commission européenne, de restreindre l’utilisation des pesticides dangereux tout en autorisant la décontamination au chlore de la viande de volaille. Plusieurs autres délégations ont insisté sur la nécessité de mener des études scientifiques plus approfondies afin de mieux connaître l’impact de cette technique pour la santé humaine et l’environnement.
De son côté, la commissaire européenne à la santé, Androulla Vassiliou, a assuré qu’elle s’opposerait à toute décision qui pourrait « brader la santé et la sécurité alimentaire ». Néanmoins, la Commission européenne a prévu d’examiner, dès le 28 mai prochain, un projet visant à autoriser l’utilisation de substances chlorées pour la désinfection de la viande de volaille, comme le commissaire aux entreprises, Gunter Verheugen, s’est engagé à le faire, auprès des Etats-Unis le 13 mai dernier. Mais les discussions entre les services de la Commission pourraient durer plus longtemps que prévu tant sont grandes les divergences au sein même du collège.