Les tensions géopolitiques et commerciales ont plombé en 2025 les exportations de vins et spiritueux français, avec un repli net aux États-Unis sous l’effet notamment des nouveaux droits de douane.
Les ventes mondiales de vins, champagnes, cognac et autres alcools français ont atteint 14,3 Md l’an dernier. Après trois ans de recul, elles représentent toujours notre 3e excédent commercial, mais celui-ci régresse (-8 %). Aux États-Unis, leur premier marché à l’international, les ventes sont « lourdement » affectées par l’instauration de droits de douane auxquels s’ajoute depuis un an un taux de change euro/dollar très défavorable, explique la FEVS (exportateurs) : le repli est de 21 %, à 3 Md€. « Les principales raisons, c’est effectivement la politique menée par le président Trump sur ses "tarifs" et quelque part une forme d’agressivité envers tous les pays », souligne le président Gabriel Picard. « La deuxième raison, qui n’est pas à négliger, c’est le taux de change ; 15 % de droits de douane et 10 % de variation (des changes, NDLR), au total ça fait 25 % de variation du prix, ce qui est énorme. » Cette année, le bilan général montre aussi une baisse en volume (-3 %). Aux États-Unis le repli en nombre de caisses est de 9 %, conséquence aussi des incertitudes économiques pesant sur le comportement des consommateurs. Dans le même temps, les exportations vers la Chine ont marqué le pas, à 767 M€, soit un recul de 20 % dans un marché fragilisé là encore par des taxes douanières.
Résistances des effervescents
Le marché à l’export des vins et spiritueux français est ainsi ramené à son niveau d’avant-Covid. Le bilan reflète aussi une érosion lente et structurelle des volumes vendus sur tous les marchés traditionnels, y compris la France, sous l’effet principal des changements de modes de consommation, souligne la FEVS. Par catégories de produits, les exportations de vin ont reculé de 3 % à 121 M de caisses, malgré une bonne tenue des effervescents (+ 3 %). Le chiffre d’affaires des vins redescend au niveau de 2021, soit 10,5 Md€ (-4 %). Les ventes de spiritueux ont, elles, baissé de 17 % en valeur, à 3,7 Md€, et de 5 % en volume.
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Dans ce contexte, le secteur appelle les pouvoirs publics à « la mise en œuvre des accords commerciaux négociés par l’UE, porteurs de perspectives de développement importantes pour nos filières ». Avec en tête, l’accord signé entre Bruxelles et quatre pays du Mercosur. Quant à l’accord UE-Inde, qui réduit les droits sur les alcools européens, « c’est un bon signal » même si « la route est longue » avant que ce marché puisse se déployer, ajoute M. Picard. « Les tensions géopolitiques ne vont pas s’arrêter demain. L’Europe doit être organisée pour cela et notamment soutenir les filières qu’elle expose à des rétorsions », notamment par des compensations financières, demande le secteur.