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OMC À l’OMC, un accord partiel à Bali sur l’agriculture est « encore loin »

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Alors que se poursuit le processus pour sa succession à la direction générale de l’OMC, Pascal Lamy fait preuve d’un certain pessimisme quant aux résultats de la prochaine conférence ministérielle de l’organisation, en décembre à Bali. Sur le volet agricole du cycle de Doha, explique-t-il notamment, on est « encore loin » d’un accord.

«La dure réalité est que le rythme actuel des travaux est nettement insuffisant pour parvenir à un succès à Bali », a reconnu Pascal Lamy le 11 avril, devant le Comité des négociations commerciales de l’OMC. « Il est nécessaire d’accélérer ce rythme mais, plus encore, de changer d’état d’esprit. Nous devons passer de l’étude et de la compréhension des questions à la réduction des divergences. Ayant déterminé ce qui ne fonctionne pas, nous devons trouver d’autres solutions pour parvenir à un consensus », a-t-il estimé.
Le directeur général de l’organisation a néanmoins affirmé que « pour la première fois depuis 2008, il existe un consensus politique sur le fait que cette réunion ministérielle devrait donner des résultats sur la facilitation du commerce, l’agriculture ainsi que les questions concernant les pays les moins avancés (PMA) et le traitement spécial pour les pays en développement ».

Stocks de sécurité pour les pays en développement…

Dans le domaine agricole (1), des « consultations intensives » se sont poursuivies sur les propositions présentées pour une décision à Bali, en particulier sur les suggestions du G33 (pays en développement) concernant les stocks publics pour la sécurité alimentaire et l’aide alimentaire intérieure, a notamment souligné Pascal Lamy. L’ambassadeur de Nouvelle-Zélande, John Adank, qui préside le comité chargé des négociations dans ce secteur, constate « une volonté de prendre les moyens de répondre aux préoccupations exprimées par le G33 », a-t-il ajouté, bien que, de toute évidence, « de très fortes divergences subsistent sur la façon d’y parvenir ».
Sur ce point, la question essentielle est la suivante, a détaillé le directeur général de l’OMC: « Est-il possible d’accommoder les problèmes d’achats d’intervention de stocks des pays demandeurs avec les disciplines existantes pour le soutien interne, sans déstabiliser le reste des disciplines agricoles ? »

… quotas d’importation et concurrence à l’exportation

À propos d’une autre proposition agricole pour Bali, émanant cette fois-ci des pays émergents du G20 et concernant la gestion des quotas d’importation tarifaires, Pascal Lamy a souligné que, à ce stade, les consultations menées par l’ambassadeur néo-zélandais avaient confirmé l’existence de diverses « sensibilités » qui n’ont « pas encore été réglées ».
Le directeur général de l’OMC a également confirmé que le G20 travaille sur une proposition concernant la concurrence à l’exportation qui devrait être soumise sous peu. « Des opinions divergentes sont apparues sur la pertinence de cette question en tant que sujet de décision à Bali, ainsi que sur les restrictions à l’exportation », a-t-il toutefois remarqué.
Finalement, Pascal Lamy a estimé que « nous avons, pour l’agriculture, engagé un processus actif », mais que « nous sommes encore loin d’un accord dans ces importants domaines ».

Succession de Pascal Lamy : cinq candidats encore en lice

Le lendemain, devant le Conseil général (chefs de délégation) de l’OMC, le directeur général de l’organisation a fait le point sur le processus de désignation de son successeur (2).
Après une première série de consultations des membres, une liste de quatre candidats « ayant le moins de chances de faire l’objet d’un consensus » a été établie. Il s’agit de Ghanéen Alan John Kwadwo Kyerematen, de la Costaricaine Anabel González, de la Kenyane Amina C. Mohamed et du Jordanien Ahmad Thougan Hindawi.
Une deuxième série de consultations a débuté le 16 avril et doit se conclure le 24 avril, avec les cinq candidats restants : l’Indonésienne Mari Elka Pangestu, le Néo-Zélandais Tim Groser, le Mexicain Herminio Blanco, le Coréen Taeho Bark et le Brésilien Roberto Carvalho de Azevêdo.
« Trois candidats sont censés se retirer au cours de la deuxième série compte tenu de la préférence que les membres ont clairement exprimée pour des consultations finales sur deux candidats seulement » a rappelé Pascal Lamy.
Le nouveau directeur général doit prendre ses fonctions le 1er septembre.

(1) Voir n° 3393 du 08/04/13 et n° 3387 du 25/02/13
(2) Voir n° 3380 du 07/01/13

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