Abonné

Loi d’orientation Luc Guyau s’interroge sur la pérennité de l’exploitation individuelle

- - 3 min

« Il faut aujourd’hui s’interroger sur la pérennité de l’exploitation individuelle et se demander si le modèle de l’exploitation familiale n’a pas vécu ! », a déclaré Luc Guyau, président de l’APCA, devant le nouveau ministre de l’Agriculture, Dominique Bussereau, dans le cadre de la session des chambres d’agriculture le 15 décembre. « Si nous voulons une agriculture performante et nombreuse demain, il faut en tirer les conséquences sur les formes d’exploitation et le statut de l’exploitant », a-t-il ajouté, conscient de jeter un « pavé dans la mare ».

« L’exploitation de demain sera une exploitation associant plusieurs agriculteurs, partageant les risques, les charges et organisant leur temps de travail de telle sorte qu’ils puissent avoir une vie à côté de l’exploitation », a expliqué Luc Guyau, président de l’APCA, devant le ministre de l’Agriculture lors de la session des chambres d’agriculture le 15 décembre. « J’ai bien conscience de jeter un pavé dans la mare », souligne président de l’APCA qui souhaite que la loi d’orientation se construise autour du tryptique hommes et exploitations, question foncière et revenu des agriculteurs.

Nouvelles formes de portage du foncier

Sur la question foncière, Luc Guyau plaide pour de « nouvelles formes de portage du foncier » qui permettent de préserver la destination agricole des terres ainsi que leur accès aux agriculteurs. Il évoque la réflexion initiée il y a quelques années sur « la création d’un fonds permanent d’exploitation agricole, non transmissible».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Chambres d'agriculture France
Suivi
Suivre

Au chapitre du revenu agricole, Luc Guyau rappelle que « les prix des produits agricoles à la production ont chuté de 56 %, alors que les prix des produits alimentaires à la consommation ont augmenté de 12 %, en valeurs constantes, depuis 30 ans ». « A l’amont, nous avons effectué notre restructuration depuis longtemps : les marges de manœuvre sont désormais dans l’aval : la transformation et la distribution». Alors que les producteurs ont engagé des démarches consistant à créer de la valeur, « nous nous la faisons piquer, explique-t-il. La loi d’orientation devra contenir des mesures concrètes qui nous permettent de garder cette valeur ajoutée ». Cela passe par « un renforcement des interprofessions et des organisations de producteurs ». Luc Guyau évoque la création de « plates-formes de vente » qui seront « demain les interlocuteurs des plates-formes d’achat».

Un exposé des motifs « crucial »

Pour le président de l’APCA, l’exposé des motifs de la loi d’orientation est « crucial» car « c’est lui qui donne de la cohérence à l’ensemble». Luc Guyau demande « qu’avant même la rédaction de cette loi, cet exposé des motifs fasse l’objet d’un débat au Parlement ». Cet exposé des motifs devra « parler» au reste de la société, tout comme il devra parler aux agriculteurs. A ce sujet, le ministre Dominique Bussereau a déclaré « qu’il n’avait pas d’avis » mais « gardait cette possibilité pour janvier 2005 ».