Abonné

Aide alimentaire L’UE recherche une majorité qualifiée pour maintenir les programmes

- - 4 min

Malgré les efforts déployés par Dacian Ciolos, le commissaire à l’agriculture, les ministres européens de l’Agriculture ne sont pas parvenus à s’entendre le 20 septembre à Bruxelles sur la poursuite du programme d’aide alimentaire pour 2012 et 2013 en faveur des Européens les plus démunis. La Pologne, qui assure la présidence de l’UE, entend remettre ce dossier sur la table lors du prochain Conseil agricole. Le temps est désormais compté pour rechercher une hypothétique majorité qualifiée sans laquelle il ne sera pas possible de maintenir cette mesure au cours des deux prochaines années. La République tchèque jouera probablement un rôle central dans les futures tractations car son simple ralliement à la position majoritaire permettrait de débloquer la situation. En revanche, en cas de nouvel échec, l’enveloppe financière de 500 millions d’euros par an devrait être réduite à quelque 113 millions d’euros l’an prochain et sans doute à presque rien en 2013.

Alors qu’une grande majorité de pays ont fait valoir la nécessité de poursuivre ces distributions gratuites à un moment où l’Europe traverse une des plus graves crises économiques de ces dernières décennies, six Etats membres se sont une nouvelle fois retranchés derrière l’arrêt de la Cour de justice européenne rendu en avril 2011 pour refuser le maintien de ce régime de soutien en faveur des banques alimentaires. Il s’agit du Royaume-Uni, de la Suède, du Danemark, des Pays-Bas et de l’Allemagne. Ces pays, qui n’ont jamais eu recours à ces programmes alimentaires, ont indiqué sans ambiguïté qu’il n’est pas question de donner leur feu vert à une mesure qui, selon eux, en l’absence de stocks d’intervention, ne doit plus dépendre de la Politique agricole commune mais de la politique sociale. Une opinion également partagée par la République tchèque, mais ce pays, qui a déjà eu recours aux crédits européens pour financer des programmes nationaux d’aide alimentaire, a eu une position moins tranchée. Le ministre tchèque n’a pas exclu que son gouvernement puisse changer d’avis et se ranger en fin de compte derrière la position majoritaire. Britanniques, Allemands, Néerlandais, Suédois et Danois ne disposeraient plus alors de la minorité de blocage nécessaire pour empêcher la reconduction de ces mesures en 2011 et 2012, voulue par une majorité d’Etats membres.

La détermination de Dacian Ciolos

« Ne nous cachons pas derrière un arrêt de la Cour de justice pour prendre une décision politique, a martelé M. Ciolos Il est de notre responsabilité d’apporter une réponse immédiate aux besoins des personnes les plus démunies ». Il serait très difficile d’expliquer aux pauvres pourquoi le programme s’arrête alors que précisément il est plus nécessaire que jamais à un moment où l’Europe traverse une des plus graves crises économiques et alors que le budget est toujours disponible, a fait valoir le commissaire à l’agriculture. Celui n’a pas ménagé ses efforts pour redire l’importance que l’UE attache à cette action humanitaire qui permet depuis 25 ans de distribuer annuellement quelque 440 000 tonnes de vivres à 18 millions de personnes. « Si le Conseil ne prend pas de décision positive , pour 2013, il n’y aura vraisemblablement pas de produits sous intervention publique et le programme européen sera réduit à néant », a-t-il averti.
Pour sa part Bruno Le Maire, le ministre français de l’agriculture, a souligné que ce programme coûte seulement « un euro par an à chaque Européen ». Sa suppression, a-t-il déploré, « serait le retour de l’Europe des égoïsmes contre l’Europe de la solidarité ». Enfin, dans un communiqué, le président français Nicolas Sarkozy a déclaré qu’il « serait inacceptable que l’Europe abandonne les plus faibles de ses concitoyens. Il est de sa responsabilité de garantir les financements qui permettent aux associations caritatives partout en Europe de remplir leurs importantes missions ».

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

aide alimentaire
Suivi
Suivre