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L’UE veut peser au niveau international dans la lutte contre l’antibiorésistance

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Les ministres de la santé des Vingt-huit ont adopté le 17 juin des conclusions sur la lutte contre la résistance aux antimicrobiens invitant notamment la Commission de Bruxelles à « promouvoir et faire valoir activement » les normes et politiques de l’UE en la matière dans les dialogues et accords multilatéraux entre l’Union européenne et ses partenaires (1). Selon eux, l’UE doit notamment défendre, bien entendu, l’interdiction d’utiliser les antibiotiques comme facteurs de croissance animale dans l’élevage, mais aussi promouvoir les mesures destinées à éviter le recours préventif systématique aux antimicrobiens par les vétérinaires.

Les Vingt-huit considèrent également que la Commission doit, au niveau international, insister sur les restrictions à l’utilisation, dans la pratique vétérinaire, d’antimicrobiens non autorisés ou dont l’utilisation a été limitée dans l’UE en raison de leur importance cruciale pour la prévention et le traitement d’infections potentiellement mortelles chez l’homme, ainsi que sur les exigences de l’Union pour les importations d’animaux vivants et de leurs produits.

Enfin, estime le Conseil de l’UE, le « concept du principe de précaution » doit être promu dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens.

Les conclusions des Vingt-huit rappellent que, selon des estimations basées sur les données de l’OCDE, l’antibiorésistance « causerait environ 700 000 morts par an dans le monde ».

(1) Voir n° 3549 du 06/06/16

Les Européens plus ou moins au courant

Alors que le plan d’action de la Commission européenne contre la résistance antimicrobienne pour la période 2011-2016 est en cours d’évaluation, un sondage Eurobaromètre montre, entre autres, que 56 % des Européens sont d’accord avec le fait que les animaux malades ont le droit d’être traités avec des antibiotiques, et aussi que 37 % seulement sont au courant de l’interdiction dans l’UE d’utiliser ces médicaments dans les élevages en tant que stimulateurs de croissance.

Autre constat : 35 % des Européens soutiennent une action contre l’antibiorésistance au niveau mondial et de l’UE, 28 % au niveau national ou régional, 19 % au niveau individuel ou familial. Et, « 57 % des citoyens ne savent pas que les antibiotiques sont inefficaces contre les virus », a relevé le commissaire européen à la santé et la sécurité alimentaire, Vytenis Andriukaitis, à l’occasion de la présentation de cet Eurobaromètre.