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Charcuterie/ Réorganisation Madrange renforce son management

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Une nouvelle organisation se met en place au sein de la société limousine Madrange avec l'arrivée d'un directeur général, Philippe Bourguet, recruté par Jean Madrangeas, le fils du fondateur, qui reste pour sa part, contrairement à certaines informations, à la tête du directoire de l'entreprise familiale, l’un des premiers groupes de la charcuterie française.

Le management de la société de charcuterie Madrange a paru chahuté ces derniers jours, des rumeurs faisant état d'un divorce au sein même de l'actionnariat familial qui aurait conduit à démettre de ses fonctions le président du directoire Jean Madrangeas. Le tout sur fond de graves divergences évoquées entre les cadres et l'héritier manager, en particulier sur les effets négatifs du rachat de Géo, justifiant l'arrivée aux commandes d'un homme nouveau à la tête de l'entreprise.

Pour « rectifier » ces informations parues le 5 avril, les dirigeants familiaux de l'entreprise ont publié dès le lendemain une mise au point dans laquelle Mme Madrangeas, présidente du conseil de surveillance et Jean Madrangeas, président du directoire déplorent cette « présentation tendancieuse » et rappellent ce qui « avait été annoncé aux collaborateurs depuis plusieurs semaines » : en substance que c'est Jean Madrangeas, président du directoire, qui a procédé au recrutement d'un directeur général en charge de l'opérationnel : sans le nommer, il s'agit de Philippe Bourguet, précédemment directeur général de Maître Prunille (groupe France Prune).

Un CA porté à 400 M EUR

Jean Madrangeas nous a confirmé depuis être à l'origine de ce choix et souhaiter prendre ainsi du recul pour ne plus être en relation directe avec le management. Une expérience qu'il avait d'ailleurs déjà tentée - brièvement, il est vrai - en 2001. Au passage, le dirigeant qui rappelle qu'il fait partie de l'actionnariat familial, nie donc toute divergence à ce niveau et parle plutôt d' « évolution naturelle » et de « continuité ». Et Jean Madrangeas de rappeler que depuis 1988, il a porté le chiffre d'affaires de l'entreprise de 70 à 400 millions d'euros avec des effectifs (1500 personnes aujourd'hui) multipliés par sept dans cette période. Il se flatte d'avoir maintenu l'ancrage de la société limousine dans sa région, « privilégiant le développement local quand l'intérêt des affaires aurait justifié son rapprochement parisien ». Et démontre le bien-fondé du rachat en 2001 des activités franciliennes de la société Géo, justifiant ses choix de diversification « pour faire face aux demandes légitimes de ses clients de la grande distribution dont la société est fière de fabriquer aujourd'hui les produits » et pour que la marque Madrange « réponde aux demandes des consommateurs avec des produits complémentaires tels que lardons, saucisse, jambon sec et chorizo ».

« L'année 2006 a été bien meilleure que 2005 pour l'entreprise et les premiers mois de 2007 confirment ce mouvement de croissance », assure le dirigeant qui n'a pas été sans réaction face à ses récentes pertes de parts de marché : de nouveaux responsables commerciaux et marketing ont été mis en place il y a près de six mois, de nombreux lancements ont été effectués destinés à élargir l'activité à de nouveaux segments ou à la création de marchés nouveaux plus orientés recettes, par exemple.