Mamadou Cissokho, paysan sénégalais et président d’honneur du Roppa (Réseau des organisations paysannes et de producteurs d’Afrique de l’Ouest), a donné, lors du Forum international ds terroirs le 27 juin, un témoignage vivant de la perte de la culture alimentaire et ses conséquences sur les agricultures locales. « Non seulement la colonisation a fait un trait sur notre identité alimentaire, mais maintenant, ce sont nos propres enfants qui ne reconnaissent pas notre alimentation », a-t-il indiqué. Et de décrire le mécanisme par lequel la culture alimentaire, et par suite les cultures vivrières locales, s’effilochent : « Pour nos enfants, nous sommes en retard, parce qu’il faut quatre heures pour cuisiner nos plats, et nous sommes des sauvages parce que nous mangeons avec nos doigts ! ». Pour le leader paysan de l’Afrique de l’Ouest, « le premier défi que nous devons relever, c’est celui de trouver notre place, d’avoir la reconnaissance de notre existence ».
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