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Région Alsace / Charcuterie, salaisons Metzger-Muller s’appuie sur le produit typé Alsace

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L’ambition du « plus petit des grands » charcutiers alsaciens est de promouvoir l’authentique en ne dépassant que ponctuellement les frontières du seul marché régional.

Metzger-Muller est une entreprise familiale discrète comme son atelier de fabrication de 1 500 mètres carrés installé en plein cœur du village d’Ittenheim, à quelques kilomètres de Strasbourg. Le site offre encore une petite possibilité d’extension. Le projet de 800 mètres carrés supplémentaires sur deux niveaux doit servir, non pas à augmenter la production, mais au stockage et à la réorganisation des locaux sociaux . « Nous ne sommes pas en recherche de volume», précise Daniel Muller, directeur commercial de la PME qui, avec 48 salariés et un chiffre d’affaires annuel d’une dizaine de millions d’euros, revendique plus une image d’artisan que d’industriel. Ici, les marques de distributeurs ne figurent pas à l’ordre du jour car « c’est un métier de volume/prix qui a toutes les chances de se faire au détriment de notre marque ». Le choix stratégique de l’entreprise est de se concentrer sur une gamme traditionnelle de saucisses, de fumés, de produits à griller et à échauder et de charcuterie pâtissière. Cet ensemble, vendu depuis toujours à la coupe, est décliné en libre-service depuis une dizaine d’années. « Nous avons un mal fou à faire des nouveautés. Nos clients achètent des recettes traditionnelles. L’allégé ne rentre pas en ligne de compte », commente Daniel Muller.

Répondre au goût local

Les produits plutôt positionnés haut de gamme de Metzger-Muller ont leur place dans les linéaires de la grande distribution à côté de l’offre de la concurrence. D’abord parce « qu’il est très rare qu’un chef de rayon se retrouve avec un de nos produits à jeter». Ensuite parce que l’emballage à dominante noir mâtinée de rouge est séduisant. Enfin, en raison des efforts consentis pour suggérer une préparation ou un accompagnement compatible pour obtenir un repas équilibré. 92 % du tonnage fabriqué sont écoulés en Alsace et 5 % en Moselle. Cette répartition ne doit pas bouger. « L’objectif est de répondre au goût local. En sortant d’Alsace, il faudrait rentrer dans d’autres standards avec des produits plus ou moins fumés, plus ou moins colorés, moins chers etc… Pour se lancer dans une telle aventure, il faudrait avoir les volumes. Nous n’avons ni l’outil, ni la vocation », affirme Daniel Muller. La progression des ventes à l’étranger est davantage envisagée car « l’ouverture des marchés crée des courants d’importation qu’il faut obligatoirement compenser par un flux à l’exportation ».