Réfutant tout parallélisme avec les Etats généraux ayant précédé d'un an la grande Révolution française, les dirigeants de la filière agricole, au grand complet, n'ont pas masqué leur exaspération devant les freins qui entravent le bon développement de la filière agricole dans son ensemble. « On a un carnet de commandes qui déborde de partout, la demande mondiale en alimentation progresse de 2 à 3% par an, et la sphère agricole française baisse de 0,5 à 1% par an », s'est emporté Philippe Mangin, devant la presse. Les dirigeants agricoles ne veulent toutefois pas apparaître comme d'éternels quémandeurs. « Nous avons des propositions à faire mais nous attendons des retours concrets », espère Xavier Beulin. En ligne de mire, la multiplication des règlementations, la jungle des taxes diverses, les arcanes administratives intolérables, le bilan peu glorieux de la politique d'aide à l'innovation. Jean-Marc Ayrault est prévenu, il est attendu de pied ferme, avec des propositions réalistes, applicables rapidement et coordonnées. « Il faut sortir d'une juxtaposition des sujets pour une approche globale, ne pas parler environnement le lundi, compétitivité le mardi et revenir en arrière le vendredi sur ce qui a été décidé le lundi », ironisait Jo Giroud de l'APCA. Un premier signe encourageant a été apporté par François Hollande lors de la présentation de ses vœux aux corps constitués, annonçant une simplification des procédures administratives. « Nous souhaitons qu'il réussisse », a glissé Dominique Lefebvre de la FNCA. Par delà ce « coup de gueule », les organisateurs de ces Etats généraux se veulent prospectifs, dans une démarche de coresponsabilité, « car tout le monde doit être au service d'une même ambition ». Pour preuve de leur bonne volonté, ils vont inviter Michel-Edouard Leclerc et les représentants de la FCD, à venir débattre d'une plus juste répartition de la richesse au sein de la filière. Les dés auront cependant été jetés pour les négociations annuelles de 2014.