Les agriculteurs, qui n’ont pas toujours un bon souvenir de l’époque où ils ont eu un ministre de l’Agriculture issu de leur rang, vont-ils apprécier d’avoir une commissaire européenne à l’agriculture, Mariann Fischer Boel, elle-même propriétaire d’une exploitation de 204 hectares que gère son mari ? En fait, c’est toute la question du modèle d’exploitation agricole à l’européenne, dont on a tant parlé, qui est posé. Déjà, sa nomination a soulevé des protestations de la part des petits agriculteurs danois qui craignent que la politique qu’elle pourrait prôner ne soit qu’exclusivement favorable aux grandes exploitations. Les non-agriculteurs, de leur côté, reprochent par avance à la commissaire à l’agriculture de favoriser un système pérennisant les subventions dont elle a, elle-même, ou son mari, profité.
C’est peut-être une vision un peu hâtive des choses. En fait, si l’on s’en tient aux précédentes déclarations de l’ex-ministre de l’Agriculture danoise, on relève qu’elle est favorable à la réduction des aides publiques mais pas à leur élimination. Elle est, surtout, hostile à toute notion de quotas de production tant dans le lait que dans le sucre. Pas question, pour elle, de donner son accord à ce qui peut brider la libre concurrence dans le monde agricole. Femme du nord, elle sera cependant, sans doute, sensible à des contraintes environnementales si tant est que le commissaire chargé de l’environnement, le Grec Stavros Dimas, prenne des initiatives.
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De fait, c’est le modèle européen d’exploitation, modèle de taille moyenne, familiale, avec certaines protections comme les quotas, qui pourrait être sérieusement remis en cause. Au profit de quoi ? D’un modèle qui continue à être aidé tout en étant en phase avec la mondialisation des marchés et une plus grande efficacité économique. Un modèle à l’américaine en somme.