L’industriel italien de la tomate premium Mutti, qui a ouvert son unique filiale européenne en France en 2013, poursuit son développement sur le marché hexagonal. Il s’intéresse également à la Scandinavie et à l’Allemagne.
En 2016, la marque italienne Mutti a réalisé un chiffre d’affaires de 262 millions d’euros, dont 25 millions en France. La France constitue son deuxième plus gros marché après son marché national et présente un gros potentiel de progression. « Nous visons un chiffre d’affaires en France de 35 à 40 millions d’euros, d'ici à 2020 », confie Filippo Corsello, directeur export chez Mutti. Une ambition qui semble accessible au vu du développement de la marque sur le marché français, où ses parts de marché augmentent fortement depuis la mise en place de la filiale en 2013. Ainsi, Mutti est la deuxième marque dans l’Hexagone après Panzani sur la pulpe de tomate, avec une part de marché d’environ 11,2 % (13 % pour Panzani - chiffres IRI -YTD P6 2017). Dans certaines régions françaises, Mutti est encore mieux implantée. La marque est leader dans le Sud-Est, avec une part de marché de 17 %. Mutti est également bien implantée dans l’est de la France. Le distributeur Metro reste le premier client de Mutti, la marque ayant d’abord visé les professionnels de la RHF lors de sa conquête du marché français. Aujourd’hui, Mutti est de mieux en mieux référencée en GMS : chez Intermarché, Carrefour et Casino surtout, mais aussi chez Auchan. Malgré son positionnement premium, Mutti a mis plus de temps à s’implanter chez Monoprix.
S’adapter à la France
« On a décidé de devenir un peu français avec la mise en place de notre structure française », plaisante Filippo Corsello. La filiale a en effet pour mission d’étudier les attentes des consommateurs français, afin de proposer à terme des produits adaptés aux Français. Car ces derniers reçoivent bien les produits Mutti, et sont prêts à payer le prix de la qualité premium. En moyenne, une boîte de pulpe de tomate Mutti coûte en France 40 % plus cher qu’une boîte MDD. Déjà, la gamme bio marche particulièrement bien. « Le segment bio booste la croissance en France », explique Laure Souche, chef de produits en France. D’autres produits sont à l’étude, mais il faut savoir qu’« entre le lancement d’un projet et l’arrivée du produit sur le marché, il se passe en moyenne trois ans », selon Francesco Mutti, p.-d.g. de l’entreprise éponyme.
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Garder la production en Italie
Après la France, les pays scandinaves en particulier, mais également l’Australie constituent des marchés prometteurs pour Mutti. « Notre prochaine cible est l’Allemagne », annonce Filippo Corsello. Cependant, la marque n’envisage pas de produire ailleurs qu’en Italie, tenant à sa valeur ajoutée : celle de transformer des tomates cultivées en pleine terre dans des exploitations situées à 150 km en moyenne de l’usine de production de Parme. « C’est la production italienne qui doit fournir l’Europe », explique Filippo Corsello. « Si on voulait s’attaquer au marché chinois, il faudrait aller produire directement là-bas, mais ça n'est pas en projet ! », conclut-il.