Le spécialiste des ingrédients a présenté son projet stratégique Bright 2020 à la communauté financière. L'occasion pour les dirigeants de redéfinir les ambitions du groupe sur ses principaux marchés dans les années à venir. Des cessions d'activités devenues moins stratégiques ne peuvent être exclues.
Après la contreperformance de 2014 (Agra Alimentation du 9 avril), Naturex a pris des mesures fortes pour retrouver le chemin de la croissance et donner un socle solide à l'entreprise. Son plan Bright 2020, qui dévoile ses ambitions à 5 ans, vise à retrouver une croissance de 8 à 10 % du chiffre d'affaires, dont +6/8 % en organique, avec une marge brute d'exploitation (Ebitda) de 20 %, après 11 % en 2014 et 17 % en moyenne sur la période 2008/2013. « Les récents investissements assureront la croissance future des 2/3 prochaines années » a précisé Olivier Rigaud, le directeur général lors de la présentation de ce plan à la communauté financière le 30 juin.
« Nous avons fait des choix d'optimisation du portefeuille et revu notre positionnement » ont indiqué les dirigeants du groupe qui se positionne comme « le pure player des ingrédients naturels sur les marchés où il opère », dont le potentiel total est évalué à environ 8 milliards de dollars. A terme, Naturex ambitionne de réaliser 10 % de son chiffre d'affaires avec des produits de moins de trois ans, et 25 % sur les marchés émergents, contre moins de 10 % actuellement.
UNE PRÉSENCE SUR LES MARCHÉS LES PLUS RENTABLES
Le spécialiste des ingrédients naturels « qui veut produire pour vendre et non pour gonfler ses stocks », a déjà réduit le nombre de ses références de 30 000 à 10 000, avant d'arriver à terme à un objectif de 8 000 références produits. Dorénavant, son activité s'articulera autour de 4 catégories de produits parmi les plus rentables à savoir les colorants naturels, les antioxydants, les spécialités à base de jus et de purées de fruits et légumes et enfin les phytoactives. Naturex compte rejoindre le top 3 des fabricants pour les deux premières catégories de produits, contre la 4e ou 5e place actuellement, et la place de numéro un dans les deux autres spécialités.
DES CESSIONS ENVISAGEABLES
Le groupe qui a réalisé 14 acquisitions au cours des 14 dernières années, poursuivra ses opérations de croissance externe dans ses 4 spécialités, mais « de manière sélective » a souligné Olivier Rigaud. Quant à d'éventuelles cessions, toutes les hypothèses sont envisageables, sachant que 20 à 25 % de l'activité actuellement n'entre pas dans la stratégie de développement choisie par Naturex, même si les dirigeants ne souhaitent pas « spéculer aujourd'hui ». « Notre rôle est de faire en sorte que ces activités soient profitables. Il est impossible de dire ce qui se passera dans les mois prochains » a ainsi ajouté Olivier Rigaud. Ainsi l'entreprise créée en partenariat avec Aker Marine dans le secteur du krill « n'est plus considérée comme une activité majeure pour le groupe » a-t-il encore souligné. Conséquence déjà visible du plan, selon les estimations provisoires du groupe, la croissance organique a été « de l'ordre de 8 % » au deuxième trimestre, après une stabilité au premier trimestre, et la hausse de l'activité « devrait être supérieure à 4 % » sur l'ensemble du premier semestre. L'endettement devrait diminuer d'au moins 10 millions à fin juin. Enfin ultime décision, la nomination du directeur des ressources humaines siège au Comité de direction devrait permettre de stabiliser les effectifs.