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Produits laitiers/dépôt de bilan Nazart en cessation de paiement

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Les difficultés du marché des produits industriels (beurre et poudre) ont eu raison de la PME bretonne Nazart.

La laiterie privée Nazart, à Fougères, se trouve actuellement en cessation de paiement « principalement pour des raisons de trésorerie » et devrait déposer son bilan dans les tout prochains jours, a expliqué à Agra alimentation Robert Chevallier, en charge de l’organisation de la production. Elle emploie 95 salariés et collecte son lait dans 420 fermes.

Dans une région Bretagne défavorisée par son mix produits orienté en moyenne à 40 % vers l’industrie, Nazart, elle, paraissait très handicapée. En 2004-2005, 85 à 90 % de ses ventes (30 millions d’euros) ont été réalisées auprès de l’industrie. Son fonds de commerce : essentiellement du beurre de barrate, des caséines et des caséinates.

L’effet PAC et prix interprofessionnels

Lorsque l’Agenda de Berlin a prôné, en 1999, l’abaissement des aides européennes au beurre et à la poudre et l’augmentation de l’aide aux producteurs, Nazart a bien tenté de réagir en lorgnant la grande distribution, notamment avec un beurre label rouge. « Mais le marché était difficile», a précisé Robert Chevallier. La réforme de la Pac conduite conformément à l’accord de Luxembourg (2003) a confirmé les voies tracées dans l’Agenda de Berlin. Producteurs et transformateurs se sont difficilement entendus pour définir un prix du lait prenant en compte ces modifications.

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Incapable d’appliquer l’accord interprofessionnel sur le prix du lait, Nazart a toutefois dégagé, à l’issue du dernier exercice (fin juin 2005) un résultat net positif de 800 000 euros. Lequel « serait amputé de 170 000 euros si nous avions payé les producteurs sur la base de l’accord interprofessionnel », a souligné M. Chevallier.

Sur le passif de l’entreprise, M. Chevallier reste discret. Il évoque avant tout un problème de trésorerie depuis que les deux banques de l’entreprise ont coupé leurs lignes de crédit, la première en mai, la seconde fin septembre. Des clients se sont éloignés. La direction a depuis tenté de se rapprocher d’autres industriels. Avec comme principal argument la forte densité de la zone de collecte de Nazart (300 litres de lait au kilomètre). Mais la situation de la filière ne les incite guère à reprendre son activité.