Rien ne va plus, mais ce n'est pas nouveau, dans le lait. On le sait, les prix ne cessent de baisser, alors que la production, elle, augmente. La sur-production de lait de vache en Europe depuis la fi n des quotas laitiers fi n mars 2015 a provoqué une chute des cours qui a plongé les producteurs français dans une profonde crise. Selon les dernières statistiques d'Agreste, le prix du lait de vache standard payé aux éleveurs a chuté de 8% en janvier par rapport à la même période de 2015, tandis que la production a augmenté de 1,6%. Et la tendance n'est guère encourageante pour les mois à venir, selon les professionnels. Lors de la réunion du 22 mars entre producteurs et transformateurs chez Stéphane Le Foll, la filière laitière française a confi rmé sa position. Oui à une maîtrise de la production, mais à condition d'obtenir des signaux positifs forts de l'Europe. De l'Allemagne notamment, mais aussi de la Commission européenne elle-même. Une Commission au mieux assez silencieuse sur le dossier, au pire un brin provocante.
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En effet, on peut s'étonner, alors que la crise agricole perdure dans le lait et ailleurs, que Bruxelles continue imperturbablement à enquêter sur une pseudo-entente sur les prix en France, lors des tables rondes de l'été dernier, quant il s'agissait surtout en pleine crise agricole, de trouver des solutions en urgence. Il apparaît donc que les services de la commissaire européenne chargée de la concurrence continuent de rassembler des preuves, avant de les analyser et d'en tirer des conclusions. Un acharnement administratif d'autant plus incompréhensible qu'au fi nal tout ce qui aurait pu être décidé cet été sur les prix n'a servi à rien. Aujourd'hui, plus que jamais, le plus important est bien de ne pas se tromper de priorité.