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Néonicotinoïdes : des risques variables selon les molécules

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Selon une étude écossaise, la clothianidine, un insecticide néonicotinoïde, serait la moins nuisible pour les abeilles des molécules dont l’usage a été restreint au niveau de l’UE.

Une nouvelle étude présentée par des chercheurs de l’Université de Dundee en Écosse conclut que les trois insecticides néonicotinoïdes dont l’usage a été restreint au niveau européen n’ont pas les mêmes effets sur les abeilles. Leurs travaux montrent que la clothianidine ne présente pas la même menace pour la santé des butineuses que les deux autres molécules interdites, l’imidaclopride et le thiaméthoxame. Cette étude a porté sur 75 colonies de bourdons à cinq endroits différents en Écosse. Elle confirme par contre les problèmes posés par l’imidaclopride et le thiaméthoxame. Le moratoire sur l’utilisation de la clothianidine devrait néanmoins être maintenu, estiment les chercheurs jusqu’à ce que les lacunes des connaissances soient comblées, en particulier concernant son impact sur d’autres espèces.

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) est en train de réviser l’évaluation des trois pesticides néonicotinoïdes dont l’usage a été restreint par la Commission de Bruxelles. Elle se penche actuellement sur leur utilisation comme traitement de semences ou en granules. Les résultats de ses travaux seront connus en janvier 2017. L’Efsa a déjà confirmé dans un avis du 26 août que l’application de pesticides néonicotinoïdes sous forme de pulvérisation foliaire présente un risque important pour les abeilles (1).

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Les agriculteurs du Royaume-Uni vont une nouvelle fois demander à la Commission européenne de leur accorder une dérogation afin de pouvoir utiliser des insecticides néonicotinoïdes en traitement de semences sur le colza, interdits par Bruxelles. Dérogation qu’ils ont déjà obtenue l’an dernier (comme les producteurs danois et finlandais) et à laquelle ils ont eu recours sur 5 % de leurs surfaces de colza.

Mais, soulignent des ONG, alors que des études prédisaient que l’interdiction des néonicotinoïdes entraînerait une chute de la production de colza de 26 à 40 % pour les plus alarmistes, les rendements ont au contraire augmenté de 6,9 % en 2015 au Royaume-Uni (+3,4 % de production du fait d’un recul des surfaces).

(1) Voir n° 3509 du 31/08/2015