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Le Bureau de la concurrence du Canada a annoncé le jeudi 6 juin, avoir accusé de comportements criminels les géants alimentaires, Nestlé Canada, Mars Canada et Hershey Canada, pour avoir participé à un cartel de fixation du prix des confiseries à base de chocolat. Outre ces trois filiales de multinationales, la firme italienne ITWAL est également accusée, de même que trois ex-employés de Nestlé, Mars et Hershey. ITWAL est un réseau national de distributeurs de gros indépendants. L'agence de la concurrence a été informée de l'existence de ce cartel par une cinquième compagnie, a indiqué M. Guay. L'identité de celle-ci n'a pas été dévoilée, le porte-parole expliquant qu'aucune poursuite ne sera intentée contre elle en vertu d'un programme d'immunité. Hershey Canada a coopéré à l'enquête du Bureau, et celui-ci recommande la clémence à son endroit. Hershey devrait plaider coupable le 21 juin prochain pour sa participation au complot. En revanche, Mars et Nestlé ont décidé « de se défendre vigoureusement » contre ces accusations. Nestlé, le groupe familial Mars et le réseau de distribution ITWAL encourent une amende de 10 millions de dollars, a indiqué le Bureau de la concurrence.
Une entente peut-être mondiale
Les autorités canadiennes se disent préocuppées par le fait que ces pratiques commerciales pourraient être mondiales. Une enquête semblable a été menée en 2008 aux États-Unis, toutefois aucune accusation n'a été portée contre les entreprises visées. En Europe, plusieurs enquêtes ont été ouvertes et des dizaines de poursuites civiles ont été intentées contre les sociétés de chocolat. Elles ont toutes coopéré avec les autorités. Le premier chocolatier au monde est la compagnie américaine Mars, avec un chiffre d'affaires annuel de 16,8 milliards $ US et 32 000 employés. Nestlé figure au quatrième rang, avec des ventes de 12,8 milliards $ US et Hershey se classe au sixième rang mondial avec des ventes de 6,46 milliards $ US. Ce n'est pas la première affaire du genre pour Nestlé et Mars: en 2008, les deux géants des barres chocolatées avaient fait l'objet d'une enquête similaire en Allemagne aux côtés de cinq autres entreprises, après que leurs prix ont décollé de 25% au même moment. Les entreprises s'étaient défendues en attribuant cette augmentation à la hausse des cours des matières premières. Plus tôt cette année, Nestlé a été condamné aux côtés de 10 autres groupes à une amende de 60 millions d'euros pour entente sur les prix en Allemagne. Mars avait pour sa part échappé aux poursuites en coopérant avec Berlin.
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