Allez ! Ne jouons pas les rabat-joie. Les résultats des comptes de l’agriculture, avec une croissance moyenne estimée de 15 % du revenu des exploitations, sont une bonne nouvelle. Bien sûr, il y en a qui sont moins bien lotis que d’autres. Mais en certaines années passées, ils étaient mieux traités par le sort. Bien sûr, pour bon nombre, c’est un rattrapage. Et puis, la part de gâteau s’accroît souvent parce qu’il y a moins de convives, la restructuration agricole continuant à faire son œuvre.
Il faut d’ailleurs relativiser ces résultats : pour les producteurs de vins, AOC surtout, qui vendent souvent leurs productions avec le retard de plusieurs années, les comptes de l’agriculture (qui évaluent la production de l’année estimée aux prix de marché de la même année) ne sont pas toujours un bon révélateur.
Il n’empêche : l’année 2006 restera comme un beau millésime. Le reconnaître pourrait constituer une bonne opération de communication à l’égard des citadins, histoire de montrer que les agriculteurs ne pensent pas systématiquement à se plaindre. D’autant que, s’agissant des situations dramatiques, ce sont les villes qui en regorgent actuellement. Les journaux de toutes sortes le montrent à foison.
Mieux : on pourrait imaginer une opération de solidarité du monde agricole à l’égard des déshérités des villes. Sans refaire les restos du cœur, ce serait un symbole fort que de voir ceux qui s’honorent de nourrir les hommes venir en aide à ceux qui ont faim et froid. La bonne conjoncture de cette année rend peut-être possible une telle initiative. Et puis, c’est Noël, c’est-à-dire l’époque où la joie se partage avec ceux qui en ont moins.