Les industriels de l’alimentaire pensent ne plus pouvoir se différencier qu’en enfourchant le cheval de la santé du consommateur. Tel est l’axe majeur de leurs innovations censées déjouer l’atonie de la demande traditionnelle et la pression déflationniste qui affecte les grands segments de marché. Dans l’espoir, bien sûr, de trouver ainsi des niches en forte croissance. Après la mode des produits «sans» (sucre, graisse,…), est venue celle des produits «plus» (fibres, calcium, oméga 3) et maintenant celle des alicaments. Danacol de Danone, Proactiv d’Unilever, Ilô de Saint-Hubert - remplacé maintenant par Cholegram - quelle rage à vouloir nous soigner de tous les maux, obésité, cholestérol ! On ne sait plus s’il va rester dans nos repas une place pour le plaisir. Le plus troublant, c’est que ces lancements interviennent avant de savoir quelles allégations les marques vont pouvoir mettre en avant sur les étiquettes et les slogans publicitaires. Le flou en ce domaine est complet faute de règles communes en Europe. Certes un projet de directive européenne est dans les tuyaux, mais depuis si longtemps ! La Commission essaie de pousser son texte et de contourner les blocages rencontrés au Parlement, sous la pression sans doute de certains lobbys industriels. Pourtant les entreprises ont tout à gagner à sortir de l’incertitude juridique… L’ennui est qu’elle risque de durer si le recours à des allégations santé n’est autorisé qu’en se référant à des «profils nutritionnels». L’Agence européenne de sécurité des aliments a besoin de trois ans, dit-on, pour définir et publier ces fameux profils.

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