Les industriels, le FFAS et la fondation Avril veulent répliquer à l’émergence des applications nutritionnelles en développant Num-Alim, leur propre base de données. Un chantier prévu pour se concrétiser dans 18 mois.
Face à l’insolent succès des applications nutritionnelles telles que Yuka, Y’a quoi dedans ou encore Open Food Facts, l’Ania, le Fonds français pour l’alimentation et la santé (FFAS) et la fondation Avril (groupe Avril) ont décidé de répliquer. Ils vont mettre en place leur propre « plateforme numérique de données ouvertes », baptisée Num-Alim. Ce projet aura pour socle une base de données « renseignée directement par les fabricants », promettant « des données vérifiées et mises à jour en temps réel sur tous les produits alimentaires. Ce catalogue numérique agrègera une multitude d’autres informations comme les modes de production, la notation Nutri-score, les labellisations, l’empreinte environnementale, etc. », explique l’Ania dans un communiqué.
Plus qu'une liste d'ingrédients
Le but est de se différencier d’Open Food Facts, alimenté par les consommateurs et qui présenterait beaucoup d’erreurs, selon les promoteurs de Num-Alim. Or, c’est sur cette base de données, qui se limite à la liste des ingrédients, que s’appuient des applications comme Yuka ou Y’a quoi dedans (Système U).
Autre point de différenciation : Num-Alim pourra servir de base de référence fiable pour de nouvelles applications mobiles. L’Ania et le FFAS imaginent déjà les services que ces applications pourraient rendre : aide aux achats alimentaires, aux associations d’aliments et à la préparation de repas équilibrés, aux pratiques culinaires favorables à la santé, etc. Num-Alim pourrait être nourri des informations issues des bases de données clients des distributeurs (carte de fidélité) ou même des études scientifiques rapprochant alimentation et santé.
Au-delà des industriels, des agriculteurs et de l'Etat, via le FFAS, Num-Alim entend avoir une démarche inclusive. Ainsi, un Institut de l’alimentation doit être mis en place dans les prochaines semaines rassemblant les agriculteurs, les industriels, les distributeurs et les organisations de consommateurs et de la société civile. Il s’agira d’une société coopérative d’intérêt collectif (SCIC). Une assemblée générale constitutive se tiendra au début de l'année prochaine.
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Un budget de 6,5 millions d'euros
« Nous chiffrons le développement de Num-Alim à 6,5 millions d’euros, financé pour moitié par le public et pour moitié par le privé », a expliqué Daniel Nairaud, directeur général du FFAS, à l’occasion de la présentation de Num-Alim le 23 novembre. Pour la partie publique, le projet pourrait être financé au titre du Programme des investissements d’avenir (PIA), tandis que pour la partie privée, les organismes des financements pourraient être sollicités. Le projet fait partie des 4 engagements du contrat de filière agroalimentaire signé entre les industriels et l’Etat le 16 novembre.
Daniel Nairaud prévoit une mise à disposition de l’outil auprès des professionnels à partir de septembre 2019. « Après, il faudra que les industriels alimentent la base de données », a-t-il expliqué. L’Ania prévoit de son côté que Num-Alim soit opérationnel d’ici 18 mois.
Car l’avancement du projet reposera en grande partie sur la volonté des opérateurs à alimenter la base de données. Daniel Nairaud voit de nombreux avantages pour les industriels qui disposeront d’une base de données fiable, mais aussi d’un moyen de valoriser leurs produits auprès des consommateurs et des distributeurs, qu’ils soient acheteurs de marques nationales ou de MDD.