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Stratégie/Alimentation animale Nutréa s’adapte à la baisse du plan de charge de Tilly-Sabco

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Les difficultés de l’exportateur de poulets congelés Tilly-Sabco se propagent à ses partenaires. Le fabricant d’aliments du bétail Nutréa, également fournisseur en vif de l’entreprise finistérienne, vient d’annoncer un plan d’adaptation.
Lorsque Tilly-Sabco annonce, le 31 octobre, qu’il suspendra sa production de poulets « export » le 4 janvier, sept signataires co-signent le communiqué. Des groupements de producteurs fournisseurs en vif de l’exportateur de Guerlesquin (64 000 t en 2012 pour 136 millions €) et des fabricants d’aliments du bétail, parfois eux-mêmes à la tête d’une section de producteurs de volailles. C’est l’un d’entre eux, Nutréa, filiale commune de Triskalia et Terrena, qui vient d’annoncer « un plan d’actions pour s’adapter sans rupture aux difficultés du marché du poulet export ». Nutréa est le principal fournisseur en vif de Tilly-Sabco. Il est déjà concerné par les difficultés de ce secteur, depuis la mise à zéro du mécanisme européen des restitutions à l’exportation, le 18 juillet dernier. En effet, c’est dès la fin août que Tilly-Sabco a décidé d’abaisser de 40 % son approvisionnement en poulets vifs. Le rythme d’abattage a depuis dégringolé de 1,6 à 1 million, puis 600 000, 400 000 et bientôt 240 000 poulets par semaine. Cette décision a eu pour conséquence de réduire les activités de toute la chaîne d’amont, une infrastructure développée chez Nutréa comme chez d’autres industriels de la nutrition animale. D’abord l’activité du couvoir de Nutréa qui fournit aux éleveurs la souche de poussins d’un jour (le Rustivol) engraissés puis abattus depuis la fin des années 1990 chez Tilly-Sabco. Puis les surfaces de production de volaille-chair destinée aux chaînes d’abattage de Tilly-Sabco. Enfin, les fabrications d’aliments proprement dites qui baissent de 8 % sur un total de production de 1,2 million t. Nutréa a donc décidé de plusieurs mesures. D’abord adapter les horaires de production dans ses deux usines concernées par le poulet export, Languidic et Plouagat. Elles « adapteront leurs horaires de production et passeront en 3-7 au lieu des 3-8, à compter du 18 novembre », dit Nutréa. Pour l’accouvage, Nutréa explique qu’elle va modifier les souches de poussins pour les réorienter vers le marché français. Et en volaille-chair, l’entreprise va poursuivre le développement de nouveaux marchés. Nutréa ne parle pas de plan social ; elle annonce qu’elle ne remplacera pas les départs en retraite. Cependant ces mesures pourraient ne pas servir à grand-chose, si Tilly-Sabco venait à stopper la totalité de sa production, le 4 janvier prochain. « On est au pied du mur», reconnaissait il y a quelques jours le directeur général de Nutréa, Dominique Bricard, dans le Télégramme de Brest.

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