Voilà un nouvel épisode de la Série « OGM Go home ». Entre les clameurs de ceux qui s'y opposent et le silence de ceux qui sont pour, convaincus qu'il s'agit d'une avancée majeure, mais qui n'osent pas se mettre à dos les écologistes, on devine l'issue du dossier. Et pourtant : l'opinion publique française, voire européenne, est-elle si opposée aux OGM ? Personne ne peut réellement l'affirmer. Et puis, l'opinion publique majoritaire est-elle bonne conseillère ? Les Suisses, à propos de l'immigration, viennent de nous démontrer le contraire. Pour les OGM, comme pour bien d'autres enjeux de société, la question n'est pas de suivre une majorité mais de prendre la bonne décision. Refuser la technologie des OGM, refuser d'autres technologies comme les gaz de schistes, ce n'est peut-être pas le meilleur moyen de conserver une France dans la course à la compétitivité et à la modernité à laquelle nous sommes confrontés.
La question se complique pour l'Europe. Une majorité de pays sont opposés aux OGM ? Est-ce la preuve d'une saine décision ? La notion de majorité qualifiée vient compliquer encore la décision, au risque de choquer le démocrate champion de l'arithmétique simple. L'autre solution envisagée – que chaque pays fasse ce qu'il veut, ce qui est en substance le projet de Bruxelles – n'est pas viable dans une union où la circulation des produits est libre.
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La décision ne peut donc pas être politique. Pourquoi ne pas instituer un comité scientifique européen indépendant – qu'on n'aille pas dire que c'est impossible de trouver des scientifiques de tous bords qui soient indépendants – qui décident que tel OGM est nul, tel autre est utile. Qu'on accepte les bons et qu'on refuse les non intéressants. Et que la décision s'impose à toute l'Europe.