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Edito Page tournée

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On pouvait croire la plupart des professionnels agricoles taraudés par la nostalgie des années Chirac. Une époque où le recours au président de la République, ex-élu d’un département rural, représentait une parade contre des remises en cause radicales, notamment celles venant de Bruxelles. Il n’en est rien. La page est tournée.

Si on interroge les patrons des organisations agricoles, ceux-ci ont clairement assumé la période Sarkozy. Bien sûr, cela « décoiffe », tant sur le fond que sur la forme. Nicolas Sarkozy est le président qui a lancé une stratégie de réduction des produits phytos ; il est celui qui a laissé craindre une remise en cause durable des OGM ; il est aussi celui qui conduit le pays à s’interroger sur le bien-fondé des biocarburants ou, encore, à prôner une révision radicale des références historiques pour les aides Pac. Il paraît, enfin, si sensible aux mouvements d’opinions que les agriculteurs et leurs représentants s’attendent chaque jour à une nouvelle surprise sarkozienne.

Un homme imprévisible, en somme, face à des agriculteurs qui ont, plus que quiconque, besoin de pouvoir prévoir.

Sur la forme, le changement est aussi profond. La frénésie de réformes présidentielle entraîne réunions sur réunions, parfois mal préparées, où il est pourtant urgent de décider. Bien des syndicalistes expriment une certaine lassitude. Mais aucun ne rechigne vraiment. Évoluer, le monde agricole sait ce que c’est et en a déjà donné la preuve. Seulement il faut lui en donner le temps.