Abonné

PAT : Bordeaux Métropole jette les bases de sa stratégie

- - 3 min

École maraîchère, circuits courts, cantines… Le conseil métropolitain bordelais s’est doté d’une stratégie agricole et alimentaire, base de son plan alimentaire territorial.

La métropole de Bordeaux a adopté, le 24 novembre, sa stratégie de « résilience agricole et alimentaire » (SRAA) à l’occasion d’un conseil métropolitain. Ce « programme de 45 actions concrètes » jette les bases du plan alimentaire territorial (PAT) de Bordeaux Métropole. La métropole demandera la labellisation PAT auprès du ministère de l’Agriculture courant 2023. Concernant la production agricole, la métropole veut, par exemple, « multiplier les zones d’agriculture alimentaire », « faciliter » l’accès des exploitations à l’irrigation, ou encore créer une « école maraîchère ». La stratégie s’intéresse au maillon de la distribution avec l’objectif de développer les circuits courts et de proximité en créant une marque de territoire et un fonds dédié doté de 150 000 € par an. Elle intègre également un vaste projet de redimensionnement du marché d’intérêt national (MIN) Bordeaux-Brienne. Le budget alloué par la métropole s’élève à 12 M€ pour la période 2023-2025, soit « un effort supplémentaire annuel par rapport aux politiques déjà engagées » de près d’un 1 M€.

Sept jours d’autonomie alimentaire

Ni la ville ni la métropole de Bordeaux ne s’étaient encore dotées d’un PAT, une exception pour une agglomération de cette importance. Dans les années 2000, la métropole s’est retrouvée confrontée à des problématiques de reprise des exploitations, rendue difficile à cause des prix du foncier et de l’avancée de la ville. Entre 2012 et 2022, le nombre d’exploitations agricoles sur le territoire métropolitain est passé de 176 à 148.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

Une cinquantaine de maraîchers sont installés sur le territoire métropolitain. « Aujourd’hui, on récupère des producteurs », se félicite Jean-Philippe Bilgot, directeur de la coopérative Sica Maraîchère Bordelaise qui représente 30 % de la production de fruits et légumes sur le territoire. La coop' est à l’origine d’une société de six coopératives néoaquitaines qui détient le marché public pour l’approvisionnement en fruits et légumes conventionnels des restaurants collectifs. Dans le volet restauration collective de son PAT, la métropole prévoit de travailler sur le recyclage des déchets organiques, la formation des professionnels et sur l’approvisionnement avec les territoires à proximité, notamment le reste du département de la Gironde et le Lot-et-Garonne. « La métropole a sept jours d’autonomie alimentaire, il faudra s’appuyer sur les territoires voisins », a illustré Astrid Joubert, chargée de mission « gouvernance alimentaire », lors d’une intervention au Salon des maires le 22 novembre. Les espaces naturels et agricoles couvrent la moitié de la surface de la métropole. Cependant les exploitations y sont principalement viticoles et maraîchères.

12 M€ pour la période 2023-2025