Un an après l’annonce de l’échec de leurs négociations, Alain Prédo, p.-d.g. du groupe Paul Prédault, et Monique Piffaut, propriétaire notamment de William Saurin, ont retrouvé un terrain d’entente. Le rachat du spécialiste du jambon et des pâtés devrait être bouclé d’ici le 31 décembre, mais beaucoup attendent la finalisation de l’opération pour s’en convaincre.
Un an après l’annonce de l’échec de leurs négociations, Alain Prédo, p.-d.g. du groupe Paul Prédault, et Monique Piffaut, propriétaire notamment de William Saurin, ont retrouvé un terrain d’entente. Le rachat du spécialiste du jambon et des pâtés devrait être bouclé d’ici le 31 décembre, mais beaucoup attendent la finalisation de l’opération pour s’en convaincre.
La deuxième tentative sera-t-elle la bonne ? Début août, Alain Prédo a annoncé la signature d’un nouvel accord de principe en vue de la cession de son groupe à la femme d’affaires Monique Piffaut, dont le holding Turenne Lafayette chapeaute un pôle charcuterie constitué par les acquisitions successives de Henri Antoine, Le Vexin et les Salaisons du Mont d’Arrée. La transaction est prévue à raison de 6,364 euros par action – la famille Prédault détient 71 % du capital –, soit le prix offert un an plus tôt déjà par la candidate à la reprise. L’opération devrait être réalisée d’ici le 31 décembre prochain. Elle reste subordonnée à la consultation des partenaires sociaux et à l’obtention des autorisations administratives en matière de concentration, précise un communiqué, ajoutant qu’un complément d’information sera donné d’ici au 15 octobre.
Rebondissements
Face à ce rebondissement, les observateurs adoptent une position attentiste, refroidis par l’échec de l’opération envisagée déjà en 2003 par les deux parties et qui semblait si bien engagée. Devant ses actionnaires réunis en assemblée générale, Alain Prédo s’était alors montré confiant sur l’obtention du feu vert de l’autorité de la concurrence et avait même levé le voile sur certains projets de la future actionnaire. Selon lui, Monique Piffaut « bénéficie d’ouvertures commerciales exceptionnelles », dont son entreprise ne pouvait que tirer profit Agra Industrie n°22 du 19 juin 2003 .
La surprise fut donc grande lorsque le p.-d.g. annonça peu de temps après la rupture, via un avis financier. Soulignant que l’acquéreur n’avait « pas obtenu à la date d’échéance la confirmation des concours bancaires nécessaires à cette acquisition ». De son côté, Monique Piffaut nous affirmait que les banques avaient donné leur accord, mais qu’elle avait demandé un audit supplémentaire, refusé Agra Industrie n°28 du 28 août 2003.
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Encore des pertes
Sans doute y a-t-il du vrai dans les deux positions, remarque un observateur. Certains banquiers de Monique Piffaut n’auraient pas jugé souhaitable que l’opération se fasse en l’état, souligne-t-on. Par ailleurs, celle-ci, qui avait été contrainte de surenchérir après la présentation d’une autre offre, pouvait peut-être espérer faire baisser le montant de la vente. Quoi qu’il en soit, elle avait à cœur de boucler le dossier. D’ores et déjà, nous assurait-elle, elle avait ramené des marchés à Paul Prédault, et aurait même trouvé un repreneur pour l’usine de Gonesse, nous confie-t-on par ailleurs.
Il était donc important pour elle que le dossier soit rouvert. Désormais, elle fait la démonstration qu’elle dispose bien des moyens de conclure l’opération ; elle acquiert une deuxième marque notoire en plus de William Saurin, et s’offre, alors qu’elle a déjà évoqué dans le passé la possibilité d’introduire son groupe à la Bourse, un éventuel schéma de sortie à travers la cotation de Paul Prédault.
Du côté du groupe de charcuterie, le soulagement doit être grand. A la fin de 2003, il s’est défait de sa filiale les Sarthoises de Connéré (ex-Coudray), justifiant cette décision par l’état du marché de la rillette Agra Industrie n°42 du 4 décembre 3200. Il a achevé son dernier exercice sur une baisse de chiffre d’affaires de 0,6 % à 84,6 millions, mais n’est pas parvenu à sortir du rouge avec une perte nette de 2,74 millions (5,26 millions en 2002) en dépit du redressement du secteur.