Le groupe Pernod Ricard vient de conclure la vente du bourbon Wild Turkey pour un montant de 433 millions d’euros. Ainsi aura-t-il réalisé plus de la moitié de son programme de cession d’actifs de 1 milliard d’euros. Et pour améliorer son bilan, il va procéder à une augmentation de capital d’un même montant. L’acquéreur de Wild Turkey, le groupe italien Campari, réalise à cette occasion la plus grosse opération de son histoire.
Pernod Ricard a signé un contrat de cession au groupe Campari de sa marque de bourbon Wild Turkey et des actifs associés pour un prix total qui sera payé comptant de 575 millions de dollars (433 M EUR au taux de change actuel), « soit un multiple d’environ 10 fois la contribution de la marque après investissements publi-promotionnels », a annoncé le groupe français.
La transaction inclut les marques Wild Turkey, soit 800 000 caisses de ventes annuelles, dont la liqueur American Honey, la distillerie et les actifs associés dans le Kentucky, ainsi que les stocks à vieillissement de bourbon. L’accord prévoit également la poursuite de la distribution de la marque par Pernod Ricard en Australie et Nouvelle Zélande pour une période de transition, ainsi qu’au Japon, second marché pour la marque en-dehors des Etats-Unis, dans le cadre de contrats de distribution avec Campari.
La transaction est soumise à l’accord des autorités de la concurrence et devrait être finalisée d’ici au 30 juin 2009.
La vente de Wild Turkey constitue une étape importante dans la réalisation du programme de cession d’actifs non stratégiques de 1 milliard d’euros annoncé après l’acquisition de Vin & Sprit. Avec les cessions de Glendronach, Cruzan, Bisquit, ainsi que de Serkova et des marques de Vin & Sprit vendues à la demande des autorités de la concurrence, ce sont au total environ 577 M EUR qui auront été encaissés par le Groupe, qui confirme son intention d’achever ce programme dans les 12 prochains mois.
La plus grosse opération de Campari
Pour le groupe italien de spiritueux Campari, le rachat du bourbon Wild Turkey constitue la plus grosse acquisition de son histoire et va lui permettre de croître encore à l’international et d’ancrer, précise-t-il, « sa position comme groupe leader aux Etats-Unis et sur les marchés internationaux de spiritueux haut de gamme ». Cette opération ajoute à son portefeuille une grande marque de bourbon et va lui permettre également de disposer désormais de son propre réseau de distribution en Australie.
Après cette acquisition, le poids de l’international dans le chiffre d’affaires de Campari passera à près de deux-tiers du total, assure le groupe.
Le rachat de Wild Turkey est « une opportunité unique pour entrer sur le marché attractif des bourbons et exploiter son potentiel de croissance », a commenté le p.-d.g. de Campari, Bob Kunze-Concewitz.
Les ventes annuelles de Wild Turkey s’élèvent à environ 800.000 caisses sur plus de 60 marchés, mais son débouché principal (près de la moitié des ventes) est le marché américain avant l’Australie et le Japon. Wild Turkey, dont les origines remontent à 1855, jouit d’une bonne image de marque. Toutefois, ses parts de marchés sont très loin d’atteindre celles des leaders du secteur comme Jack Daniel’s (groupe Brown-Forman) et Jim Beam (groupe Fortune Brands), selon le Wall Street Journal.
Campari a déjà réalisé trois acquisitions depuis 2002 aux Etats-Unis. Avec le rachat de Wild Turkey, le total des opérations réalisées dans ce pays s’élève à 1,1 milliard de dollars.
Le groupe italien, qui affirme être le numéro six mondial du secteur, a réalisé en 2008 un chiffre d’affaires de 942,3 millions d’euros, en baisse de 1,6%, et un bénéfice net de 126,6 millions, en hausse de 1,1%. Il dispose de plus de 40 marques dans son portefeuille, dont les apéritifs italiens Campari ou Aperol.