Louis Gallois d’exprimant lors de la signature du contrat de la filière agroalimentaire n’a pas été jusqu’à dire que seuls « du sang, du labeur, de la sueur et des larmes » pouvaient permettre aux industriels de retrouver le chemin de la compétitivité, mais il n’a pas caché que la route serait longue et qu’il fallait faire preuve de persévérance. Et d’insister sur l’éclatement trop important de la filière et l’insuffisance de taille des acteurs nationaux. La semaine écoulée aura cependant montré que la profession a, enfin pourrait-on dire, pris conscience de ce handicap. L’annonce d’un regroupement entre Sodiaal et 3A a été largement saluée comme un pas en avant, tout comme les efforts déployés par Coralis pour trouver de nouveaux partenaires. Mais cette course ne doit pas seulement se limiter à une course à la taille. Encore faut-il faire des choix stratégiques qui assurent une rentabilité forte pour permettre d’aborder le cercle vertueux des innovations, investissements, plus forts garants de la création de valeurs. Cela ne peut reposer que sur des produits à forte valeur ajoutée. L’autre aspect d’une telle politique de regroupement ne saura faire l’économie de « décisions courageuses » sur l’emploi comme le déclarait dans nos colonnes, François Moury, la semaine dernière. Il faut également s’y préparer en offrant des portes de sortie pour les salariés qui en sont victimes. Le problème est largement identifié par le contrat de la filière agroalimentaire, dans son volet emploi. « Il faut combattre la non maitrise des savoirs fondamentaux, voire l’illettrisme », tant pour gagner en compétitivité qu’en possibilité de réorientation des carrières. Un objectif auquel la majorité des syndicats ayant travaillé dans les groupes préparatoires souscrit pleinement. Une opportunité à ne pas laisser passer, même si elle demande également de la persévérance, ce qui vaut mieux que la désespérance étalée ces derniers mois dans les entreprises au bord du gouffre.