« Il n’existe pas de controverse sur la définition des perturbateurs endocriniens », et une méthode scientifique simple en trois niveaux peut être employée pour les classifier, estiment des chercheurs de sept pays dans un commentaire publié par la revue Environmental Health Perspectives. « La Commission européenne entend se conformer pleinement à l’arrêt de la Cour et va présenter ses critères scientifiques pour identifier les perturbateurs endocriniens avant l’été », a pourtant assuré le 26 avril le commissaire à la santé Vytenis Andriukaitis devant la commission de l’environnement du Parlement européen. Dans un arrêt du 16 décembre, la Cour de justice de l’UE estime que la Commission européenne aurait dû, depuis décembre 2013, définir ces critères (1). Mais Bruxelles a préféré lancer une analyse d’impact avant de prendre une décision pour ne pas trop affecter le secteur industriel. 700 molécules, dont 400 produits phytosanitaires, sont en cours d’examen.
Les scientifiques, issus notamment en France de l’Inserm et du CNRS, en Belgique du CHU de liège, en Angleterre de l’Université de Londres, en Italie de celle de Turin et aux États-Unis de la Massachusetts University, affirment qu’effectuer une étude d’impact pour déterminer des critères scientifiques créerait un dangereux précédent « dans la mesure où les études d’impact ne sont pas destinées à définir les dangers, mais à quantifier les effets de ces dangers et de la réglementation sur la santé, la société et l’économie ». « Inclure la notion de puissance ou des considérations relatives à la dose-réponse modifierait l’esprit des lois sur les pesticides et les biocides », soulignent-ils. Et de conclure que ce report est d’autant plus préoccupant que ces critères scientifiques ne sont que l’une des premières étapes de l’identification des perturbateurs endocriniens pour apporter une protection plus efficace de la santé publique dans l’UE.
(1) Voir n° 3525-3526 du 21/12/2015