Le Crédit agricole est peu exposé au risque né de la crise du financement immobilier américain. Tel est le message de René Carron, président, et Georges Pauget, DG de la banque verte, livré à l’occasion de la présentation de ses résultats semestriels. Ces derniers sont bons, avec une augmentation du produit net bancaire de 26,4 % à 5,271 milliards d’euros mais un résultat net stable en raison d’une provision de 485 millions d’euros pour le plan de compétitivité de LCL.
La crise financière soudaine née des « subprimes » américaines (créances immobilières à risque) n’inquiète pas le Crédit agricole. C’est ce qu’ont expliqué René Carron et Georges Pauget en présentant les résultats semestriels de la banque le 30 août. Ils ont indiqué ne pas détenir « en direct de créances subprime américaines ». Les seules positions concernées, soit 100 millions d’euros, proviennent de l’activité multigestion soit un niveau minime sur un total d’encours gérés de 526,7 milliards d’euros. Il n’empêche que l’activité bancaire se trouve dans un contexte de hausse des taux et de plus grande prudence. La ministre de l’Economie avait appelé les banques à ne pas durcir leurs conditions de crédit. « Nous allons continuer à faire notre métier comme nous l’avons toujours fait », a indiqué René Carron.
« Il n’y a pas de problématique de financement des PME en France », a ajouté Georges Pauget. L’encours de crédits aux entreprises a progressé de 8,2 % pour les caisses régionales et 12,5 % pour la filiale LCL (Crédit lyonnais) entre juin 2006 et juin 2007.
Réduire les délais de paiement
René Carron a renvoyé la balle auprès d’autres acteurs et notamment des pouvoirs publics. Il a insisté sur le contexte du financement des PME et l’importance de la longueur des délais de paiements entre entreprises, jugeant qu’il faudrait « regarder de plus près » qui est à l’origine de possibles retards. À ce titre, l’État n’est pas celui qui a les délais de paiement les plus courts pour les PME.
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Le p. -d. g. du groupe Crédit agricole a fait observer, à ce sujet, que de nombreuses PME étaient sous-traitantes de grandes entreprises et de l’État.
Le fait de rendre plus courts ces délais de paiements, qui sont théoriquement de 120 jours, « serait un moyen d’améliorer la sécurité financière des entreprises », a-t-il précisé.
Georges Pauget a également regretté que la BCE (Banque centrale européenne) n’ait pas dans ses missions, comme la Fed (Banque centrale des États Unis), le double objectif de maîtriser l’inflation et surtout de soutenir la croissance économique.