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Jérémy Decerle, président des Jeunes agriculteur PJL Egalim : « Le désaccord avec l’État n’est pas sur l’objectif, mais sur les moyens »

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Quel message avez-vous adressé au ministre de l’Agriculture à l’occasion de sa visite sur le salon Terres de Jim ?

Lors du discours d’Emmanuel Macron à Rungis, toutes les parties prenantes semblaient d’accord pour que la construction du prix se fasse sur la base d’indicateurs de coûts de production. Nous avons vu quelques semaines plus tard, à la fin des négociations commerciales annuelles, que le comportement des distributeurs et industriels étaient encore plus féroce, malgré la signature d’une charte sur le respect de l’esprit des États généraux. Nous savions que nous ne pouvions pas leur faire confiance et qu’une loi forte est donc bien nécessaire. Aujourd’hui le gouvernement souhaite que les coûts de production soient élaborés par les interprofessions, ce avec quoi nous sommes d’accord, mais refuse que l’Observatoire de la formation des prix et des marges (OFPM) propose automatiquement son indicateur lorsqu’une interprofession n’y parvient pas. Nous avons rencontré le président de la République en juillet, et il nous avait semblé qu’il était favorable à ce qu’un compromis soit trouvé. Nous avons fait plusieurs propositions au ministère de l’Agriculture, mais de leur côté, ils n’en font aucune.

Êtes-vous prêt à dénoncer le projet de loi ?

Nous verrons ce qui va être adopté et discuté cette semaine, mais nous sommes à même de dire que ce projet de loi ne convient pas en l’état, bien qu’il contienne des dispositions auxquelles nous sommes favorables. Ce projet de loi est un ensemble, qui ne fonctionnera pas en l’absence d’un verrou qui garantisse des indicateurs neutres, fiables et indiscutables. Le désaccord avec l’État n’est pas sur l’objectif, mais sur les moyens. Ils mettent en avant la liberté contractuelle ; mais à un moment, si on veut que les paysans produisent mieux, il faut que l’on corrige le déséquilibre naturel qui existe entre producteurs et distributeurs ou industriels.

Comment se développe l’évènement Terre de Jim organisé par les JA ?

C’était la cinquième édition sous cette nouvelle dénomination du concours national de labour, qui est traditionnellement organisé par les Jeunes agriculteurs depuis trente ans déjà. Nous avons gagné en notoriété : le fait d’avoir une marque permet d’être mieux identifié. Nous atteignons désormais les 100 000 visiteurs. C’est un rendez-vous qui permet de nouer un lien fort avec les consommateurs.

« Nous avons fait plusieurs propositions au ministère de l’Agriculture, mais de leur côté, ils n’en font aucune »