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En une semaine, les rebondissements se sont multipliés dans l’affaire Doux, devenue affaire nationale, faisant la une des journaux, tant écrits que télévisés. Par delà le fait que cela constitue un test on ne peut plus risqué pour un ministre qui a fait du redressement industriel sa croisade, c’est l’avenir d’une entreprise et de milliers d’emplois dans toute une filière. Cette affaire, pour emblématique qu’elle soit des faiblesses de toute une filière, pose également la question de certains modes de gouvernance. Nombreux, y compris parmi les défenseurs de Charles Doux et de son bilan industriel à la tête de sa société, réfutent les critiques faites de sa gestion, mais avouent leur perplexité devant sa plus récente décision d’opter pour un dépôt de bilan. Il s’en justifie au nom du maintien de l’unité de son groupe et de la préservation de l’emploi. On peut comprendre qu’il ait à cœur de défendre sa place au sein d’une entreprise familiale à laquelle il a consacré sa carrière. On comprend moins cette politique qui l’a conduit à ne pas dévoiler ses intentions lorsqu’il négocie avec des partenaires financiers pour obtenir leur soutien. Il s’est ainsi aliéné la bienveillance du FSI lors de l’épisode de la filiale brésilienne et de la Barclays, la semaine dernière, sans compter les ministres qui suivent le dossier. La partie de poker menteur, ou du moins ressentie comme telle, avec les salariés ne fait que compliquer encore un peu une situation déjà bien embrouillée. C’est aussi une occasion gâchée, car tous les protagonistes de cette affaire, banquiers, fournisseurs, salariés avaient clairement affiché leur volonté de trouver une sortie par le haut, tout en sachant que des sacrifices seraient nécessaires.