Lors d’un entretien accordé à Agra le 24 février en marge du Salon de l’agriculture, Florence Rossillion, directrice générale du CNIPT (pommes de terre fraîches) a expliqué que l’interprofession se montrait à la fois « inquiète et vigilante quant à l’évolution des surfaces françaises en 2026 ». Pour la première fois depuis douze ans, le président Luc Chatelain a envoyé un courrier « à tous les producteurs inscrits au CNIPT », soit environ 8 500 lettres il y a quinze jours, relate la directrice générale. L’objet du courrier était de les sensibiliser sur le fait que le marché, actuellement déprimé en raison de la surproduction française et européenne, n’allait pas se régler tout seul, et qu’une discipline devait s’instaurer. « Ne semez pas si vous n’avez pas de débouché garanti, tel est le message principal de la lettre », résume Florence Rossillion. Elle rappelle que le marché français dispose d’un excédent d’environ 1 Mt cette année, qu’il sera difficile à écouler. « Nous en envoyons en méthanisation, en alimentation animale. Mais ces débouchés sont déjà bien remplis », prévient-elle.
Concernant l’alimentation animale, l’UNPT (producteurs de pomme de terre, FNSEA), la FNB (bovins viandes, FNSEA) et la FNPL (bovins lait, FNSEA) ont d’ailleurs annoncé le 24 février la création d’une plateforme en ligne afin de faciliter l’écoulement des stocks de pommes de terre. Florence Rossillion indique que si une majorité de producteurs se sont montrés réceptifs au message de la lettre, « tous ne sont pas d’accord, et espèrent pouvoir gagner cette année. […] C’est comme au casino : à force de jouer, on espère gagner à un moment donné. C’est pourquoi nous restons inquiets et vigilants ». Un petit espoir émerge néanmoins : « Les prix des plants sont restés hauts. Cela peut dissuader certains producteurs à s’en procurer, n’ayant pas forcément la trésorerie nécessaire. »
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Un excédent français de pomme de terre d’environ 1 Mt cette année.
KC