La gestion de crise a fait des progrès considérables depuis celles du sang contaminé ou de la vache folle. Il n’empêche, les autorités sanitaires ont beau dire et faire, la menace de pandémie issue de la grippe mexicaine fait perdre leur sang-froid à certains Etats. Sans parler de l’Egypte qui, pour des raisons politico-religieuses, s’en prend à ses propres éleveurs et veut abattre tous ses porcs, on trouve aux premières loges comme toujours la Russie et la Chine qui prennent prétexte de la contagion pour décréter l’embargo sur les arrivages de porcs, de viande porcine et de leurs dérivés en provenance du Mexique, d’une partie des Etats-Unis et du Canada, mais aussi (s’agissant de la Russie) d’Espagne et de Grande-Bretagne. Ceux d’entre eux qui en font partie remobilisent le G7, l’engageant à « résister à l’érection de nouvelles barrières à l’investissement ou au commerce ». La question risque maintenant d’être portée devant l’OMC, les pays victimes d’embargo ayant pour eux maintes déclarations de l’OMS, de l’Organisation mondiale des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (OAA), comme de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) pour qui la grippe A/H1N1 n’a aucune incidence sur la salubrité des aliments et qui ont toutes répété que la consommation de viande de porc ne présente aucun risque sanitaire de contracter ce nouveau virus qui se transmet par l’homme.

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Quand bien même ces barrières seraient levées, l’effet psychologique sera durable, au préjudice d’une filière souvent mise à mal, surtout chez nous. De là à ce que d’autres en profitent, viande bovine ou volaille, rien n’est moins sûr en ces temps de crise.